Corps et Ame Publié le 29 Avril 2014 par Dossier coordonné par Clarence Edgard-Rosa. Pauline Marceillac ; Cécile Andrezejwski ; Laure Dubesset-Chatelain ; Eric la Blanche.

Anus  De quoi le fondement est-il le nom ?

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Le petit trou n’essuie que mépris, déni ou raillerie. En attestent les réactions mi-gênées, mi-hilares de ceux à qui on a causé lorsqu’on a planché sur le sujet. Les uns ont ri jaune, les autres ont pris peur, certains même nous ont pris pour des détraqués, et personne, jamais, n’a pris l’anus au sérieux. La simple évocation du fion provoque instantanément une ambiance cour de récré. Rien moins que frivole, pourtant, le « trente-six plis ». Comment peut-on croire qu’il n’ait rien de valable à dire alors qu’il est la base des insultes les plus fleuries de notre répertoire ? Prenez « enculé », par exemple. Alors qu’on sait depuis belle lurette que tout un chacun peut jouir par le cul (et n’est-ce pas là l’égalité véritable ?), celui qui nous souhaite le pire nous condamne à nous faire embrocher la rondelle. « J’te la mets bien profond », dit-on aussi quand on est poli. Mais, enfin, pourquoi veut-on toujours y enfoncer quelque chose ? C’est sans doute pour ça que le fonde-ment vit à l’abri de nos fesses dodues : on en a après lui. Et elle est bien là, toute la schizophrénie de cette mal-aimée porte de derrière. La zone desti- née à l’évacuation des déchets est potentiellement érogène, mais son accès relève du rapport de domination, considéré comme un délit ou un péché selon le lieu et l’époque. À croire qu’entrer par la sortie de secours ne peut se faire que dans un rapport de force.

- Quand l'orifice secret se fait verbe

Cet anus, ce sphincter, qui s'ouvre et se ferme normalement à la demande de son propriétaire, n'est pas seulement un vide-ordures sophistiqué. Non, cet orifice secret, enfoui entre les hémisphères [...] des fesses, est aussi le support [...] de tout un monde imaginaire, souvent teinté de sexualité. On en rêve ou fantasme...»1. Une originalité complexe qui le rend fichtrement tabou! En vérité, le problème du cul, c'est qu'il est à double tranchant : vital et excitant dans l'intimité, dégoûtant et méprisable en société. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Dans la Grèce antique, «l'anus est une partie honteuse, mais il n'est pas synonyme de dégoût particulier comme aujourd'hui. Toutefois, en parler reste provocant, d'où l'usage révolté de l'obscénité chez les auteurs libertins du XVIIIe siècle ou même chez Verlaine et Rimbaud », raconte Jean-Noël Allard, historien, spécialiste de l'Antiquité. (...)

 

- Les voies du Seigneur

Même si Dieu n'a jamais personnellement son avis sur la question, l'interdiction de la sodomie entre hommes est fortement reliée aux textes sacrés. (...)

 

- Sodomie punie

La discrimination hommes-femmes a parfois du bon. Prenez l'homosexualité par exemple. A Singapour, le Code pénal tolère les relations entre femmes, mais pas entre hommes. (...)

 

- Esthétique de la céleste praline (cf. "Sonnet du trou du cul", Rimbaud et Verlaine, 1872)

 

Il faut ce qu’il faut pour avoir le vent en croupe. Peut-être goûtiez-vous déjà aux joies de l’épilation du sillon inter- fessier, traquant sans relâche les poils tapis entre les muscles de votre séant. Réjouissez-vous, vous pouvez désor- mais prolonger l’instant grâce à l’anal bleaching, ou « blanchi- ment de l’anus », dans la délicate langue de Molière (voir les Quiches d’Or 2013 , Causette #33).

Inaugurée aux États-Unis dans les films pornographiques, cette mode a fait son trou en Europe. (...)

 

Juste un doigt, alors !

"Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse." La leçon n’a pas été retenue par tout le monde... Qui n’a jamais entendu une aimable personne manifester sa volonté, au choix, d’enfiler, d’enculer ou de la mettre bien profond à son semblable? Pourquoi vouloir à tout prix se glisser dans l’anus de son voisin, même quand on n’est pas soi-même emballé par l’idée ? (...)

 

- L'obsession du X

L’attrait érotique du petit trou, on a vite fait de l’attribuer à son côté subversif. Pourtant, c’est le plus gros marronnier du cinéma pour adultes. (...)

 

La suite dans Causette #45. 

Publié le 29 Avril 2014
Auteur : Dossier coordonné par Clarence Edgard-Rosa. Pauline Marceillac ; Cécile Andrezejwski ; Laure Dubesset-Chatelain ; Eric la Blanche. | Photo : Ren Hang
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