La cabine d'effeuillage Publié le 17 Janvier 2010 par Iris Deroeux

Anthony Egéa Le hip hop mis à nu

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C'est l'histoire d'un artiste qui s'inspire du corps des femmes. Rien de très original direz-vous. Sauf qu'Anthony Egéa est un danseur hip hop. Devenu chorégraphe, il a détourné les codes d'une discipline d'abord masculine -voire machiste- pour sortir des figures imposées «baggy, basket, dégaine nonchalante». Inspiré par ses expériences de la danse classique et jazz,il a inventé un langage chorégraphique hip hop pour les femmes. Unegestuelle, une grâce qui n'enlèvent rien à l'énergie et à la puissance de cette danse. Bien au contraire.

Lever de soleil chez les amazones, un amas de corps féminins commence à se mouvoir sur scène... Des femmes aux pieds nus, cheveux relâchés, s'étirent et laissent apparaître des corps sculptés, prêts à se mettre en mouvement pour une danse folle et violente... Le hip hop. Amazones a été créé par le chorégraphe d'origine bordelaise Anthony Egéa en 2003. Présenté aux Rencontres urbaines de la Villette, ce premier ballet hip hop dédié à la femme ne laisse alors personne indifférent. La reine des amazones, danseuse urbaine chaussée de pointes classiques, se laisse caresser par ses sujettes; des hommes sont enchaînés aux quatre coins de la scène; une amazone danse un coït agenouillée sur son esclave... La vieille garde féministe et critique d'art décrie le côté pornographique et cliché du ballet qu'elle considère comme machiste. Tandis que le jeune public féminin de banlieue applaudit Anthony Egéa pour avoir eu le courage de présenter une femme dominatrice et sensuelle. Lui admet avoir commis des maladresses, manqué de finesse, mais il reste fier d'avoir mis un tel coup de pied dans les « tabous » du hip hop.

 

...la suite dans Causette#5...

 

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Publié le 17 Janvier 2010
Auteur : Iris Deroeux | Photo : Guillaume Landry
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