Reportages Publié le 27 Mars 2014 par Causette

Pesticides : quand vient la grande faucheuse

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Ils travaillent la terre et la vigne et creusent parfois, aussi, leur propre tombe. En silence. Chaque jour plus conscients que les pesticides qu’ils épandent les tuent. Cancers, leucémies, lymphomes… les agriculteurs souffrent des maux distillés par ces produits phytosanitaires. En juin 2013, une expertise de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a confirmé un lien entre ces maladies et l’exposition aux pesticides. « Des dangers et des risques sur la santé […] sous-évalués », selon un rapport de la sénatrice Nicole Bonnefoy, en juillet de la même année, qui évoque « des accidents, intoxications aiguës et […] maladies chroniques, dont la cause semblait résider dans leur utilisation ». Des analyses rares, signe sans doute de la chape de plomb qui pèse sur ce scandale. Aujourd’hui, certains viticulteurs abandonnent le tout chimique. Ils ont pris conscience des limites économiques de ces pratiques délétères pour les sols et les êtres humains. Mais, même si le plan d’action Écophyto 2018 (adopté lors du Grenelle de l’environnement en 2007) prévoit de réduire de 50 % l’utilisation de produits phytosanitaires d’ici à 2018, la France reste le troisième consommateur mondial et le premier en Europe, avec près de 110 000 tonnes de pesticides épandus annuellement. Pis, d’après un rapport de l’Agence régionale de santé (ARS) du Languedoc-Roussillon daté de février 2013, « des pesticides interdits depuis 2003 et 2004 étaient encore utilisés en 2012 ». Si mille deux cents médecins ont lancé, le 30 janvier dernier, un appel pour mettre en garde contre les effets nocifs de ces produits, rares sont les victimes qui osent évoquer leurs symptômes. « Quand un paysan accuse les pesticides d’être responsables de sa maladie, cela est ressenti comme une trahison par la profession », estime François Veillerette, porte-parole de l’ONG environnementale Générations futures. Pendant que des agriculteurs continuent de mourir dans leurs champs, des femmes osent briser la loi du silence. Nous les avons rencontrées.

 

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Les raisins de la colère

Valérie Murat a perdu son père, viticulteur, en 2012 ; le frère de Marie-Lys Bibeyran, ouvrier agricole, est mort trois ans auparavant. Tous deux ont été empoisonnés par les pesticides qu’ils épandaient dans les vignes. Depuis, ces jeunes femmes se battent pour faire reconnaître la responsabilité des produits phytosanitaires dans les cancers qui les ont emportés.

 

Les Antillais malades de la banane

En Martinique, Josiane Jos-Pelage lutte contre l’utilisation massive de produits phytosanitaires sur les plantations de bananes. La pédiatre conteste les dérogations délivrées par le préfet autorisant les épandages aériens, pourtant interdits par l’Union européenne.

 

Un terreau de discorde

Si la récolte de soutiens citoyens s’est révélée un excellent cru pour Emmanuel Giboulot, ses pairs ne se sont guère ralliés à sa cause.

 

 

La suite dans Causette #44

Publié le 27 Mars 2014
Auteur : Causette | Photo : Anne Leroy pour Causette
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