La copine de Causette Publié le 27 Mars 2014 par Isabelle MOTROT

La désobéissance comme religion Golshifteh Farahani

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Élevée au rang d’icône dans son pays, Golshifteh Farahani a été la première actrice iranienne à tourner dans une production américaine depuis que la République islamique a été instaurée, en 1979. C’était pour Mensonges d’État, de Ridley Scott, avec Leonardo DiCaprio. Mais, dès son retour, elle est arrêtée, interrogée, torturée psychologiquement. Elle résiste, lutte, puis prend la décision de fuir. Pour pouvoir choisir ses films en toute liberté. Causette l’a rencontrée à Paris, où elle a élu domicile.

Golshifteh nous reçoit dans la maison d’un ami, nichée dans le 9e arrondissement de Paris. Malgré les photographes, son agent et un attaché de presse qui travaillent à côté, elle nous accueille tranquillement, comme si on venait pour le goûter. Simple et souriante. Elle est magnifique, mais, ça aussi, elle semble l’ignorer. Elle tend une main franche en lançant son prénom, Golshifteh. Pas facile à dire. Inventé par ses parents d’après celui d’un héros de roman, il a été interdit par la République islamique. Non conforme. Il restera pourtant son prénom usuel, et la jeune femme montrera à maintes reprises qu’en effet elle n’est pas conforme. Elle a forgé son histoire à coups de rebuffades et de désobéissance. Golshifteh est née à Téhéran en 1983, au coeur du conflit Iran-Irak. Khomeyni est au pouvoir. Dans sa famille d’artistes, on est aussi résistants.

 

La suite dans Causette #44

Publié le 27 Mars 2014
Auteur : Isabelle MOTROT | Photo : Aldo SPERBER pour Causette
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