La cabine d'effeuillage Publié le 28 Octobre 2013 par Cécile Andrzejewski

Vittorio Mastroianni, récit en mode mineur

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Vittorio, c’est l’autre Mastroianni. À 73 ans, dont trente-deux passés au fond des mines du Pas-de-Calais, cette ancienne “gueule noire” est l’acteur d’une histoire ouvrière en voie d’extinction. Pour “Causette”, le plus ch’ti des Italiens projette le film de sa vie.

Début de soirée bigarré à Méricourt. Le ciel, qui a oscillé toute la journée entre le bleu estival et le noir orageux, se fend de gros nuages sombres. Tout près du stade municipal de cette ancienne cité minière du Pasde- Calais, les anciens jouent aux boules et les gosses galopent dans les graviers. Autour de cette cour de récré improvisée, quelques petites bâtisses jaunies, dont l’une héberge le local du club Amici, « le club des Italiens ». À l’oreille, on comprend vite pourquoi. Une petite quinzaine de retraités y sont occupés à taper le carton. Ils s’écharpent dans la langue de Dante, jettent dames et valets sur la table, s’apostrophent le doigt levé puis éclatent de rire, comme si tout ça n’était que comédie. Dell’arte, la comédie. À leurs côtés, Vittorio, président du club : « Je m’appelle Mastroianni, comme l’acteur, tu connais ? » fanfaronne cet ancien mineur de 73 ans. De l’illustre Marcello, il a le charme et le bagout. L’analogie s’arrête là.

 

La suite dans Causette #40.

Publié le 28 Octobre 2013
Auteur : Cécile Andrzejewski | Photo : Samuel Kirszenbaum pour Causette
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