Reportages Publié le 28 Octobre 2013 par Maria Poblete

Les Motels du Désir

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Sexcity, Toi et Moi, Je t’aime… Ils portent des noms fantaisistes ou suggestifs, pullulent dans tout le pays et se posent en paradis des amours clandestines. Miroirs d’une société corsetée par les tabous et phagocytée par l’Église, ces établissements sont la fesse cachée du très conservateur Chili. À la veille du scrutin présidentiel, déambulations pas très catholiques.

La rutilante auto de Pablo, ingénieur commercial trentenaire, remonte l’avenue Larrain, dans la très chic commune de La Reina, à quelques encablures de Santiago. Lunettes carrées, barbiche ciselée, ce père de famille s’affiche d’humeur badine. Fossettes coquines au creux des joues, il s’arrête à l’angle de la rue Las Perdices. Brushing L’Oréal, jupe étroite et talons hauts, Francisca, chef de vente de 35 ans, l’y attend. Mariée, mère de deux enfants, elle grimpe sitôt la portière entrouverte. À hauteur du 356, la voiture stoppe devant l’entrée du motel Los Arbolitos. Sur l’enseigne, deux canetons batifolent. Déjà émoustillés, Francisca et Pablo gloussent comme des mômes. Se garent dans un box dédié. Derrière eux, un employé tire le rideau. Au fond du garage, une porte conduit directement à une chambre. Cinq-à-sept clandestin, secret d’alcôve à la chilienne.

 

La suite dans Causette #40

Publié le 28 Octobre 2013
Auteur : Maria Poblete | Photo : Claudio Pérez pour Causette
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