Corps et Ame Publié le 25 Septembre 2013 par coordonné par Nathalie Gathié

L'habitude, pourvu qu'elle soit douce...

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Il est des mots et des manières qu’on aime détester. Tu es de ceux là. On te raille, on te conchie, on t’agonit, on ne t’assume pas. Tu es si peu « tendance » qu’on te mutile quand on te cite. « Comme d’hab », soupire celui qui t’évoque l’oeil torve et les joues gonflées d’ennui. T’es pas fashion, ma vieille. L’époque veut vivre vite, se renouveler, consommer. Si tu twittais, t’aurais pas un « follower ». Le gazouillis de la routine, c’est trop déprime. Sur Facebook, pas un pouce ne se lèverait pour ta pomme. Zéro « like » pour le ronron de la répétition. La misère ? Et toi qui ne bouges pas. Qui n’essaies même pas de remettre les pendules à l’heure. Tu n’es pas de ton temps et tu t’en fiches parce qu’au fond tu te sais de tous les temps. De toutes les cultures. Constante et immuable. Enveloppante comme un doudou mâchouillé, rassurante comme un rituel dominical, tu finis toujours par nous rattraper : c’est neurologique et souvent bien pratique, comme l’expliquent les scientifiques. Qu’on le veuille ou non, tu nous habites et c’est tant mieux. D’ailleurs, si le peroxydé d’Alexandrie qui a beuglé ton nom à nous en écoeurer avait fait « comme d’habitude » le jour où il s’immergea dans le bain qui lui fut fatal, il n’aurait pas empoigné son sèche-cheveux les mains mouillées et les Clodettes auraient encore du boulot. Habitude, j’écris ton nom et je te kiffe.

 

Automates malgré nous : Les habitudes, c’est dans la tête que ça se tricote. Qu’on le veuille ou non, elles s’y incrustent.
Pour nous faciliter la vie souvent, et nous la compliquer parfois.

 

Au origines des rituels

 

La routine, c’est le pied ! : " L’habitude nous joue des tours, nous qui pensions que notre amour avait une santé de fer. "
C’est sur ces paroles que Maxime Le Forestier chantait l’usure du couple dans " La Rouille ", en 1972. La sexologue et psychanalyste Catherine Blanc n’entonne pas le même refrain.

 

La ritournelle des piliers de bar : Le Penty. C’est un bar où chacun a son surnom, où l’on boit presque toujours la même chose et où même les oiseaux semblent avoir leurs habitudes. Immixtion dans la vie de Momo, Jojo, Jipé ou encore Max, qui viennent quotidiennement s’accouder au zinc de ce repaire du 12e arrondissement de Paris.

 

La suite dans Causette #39.

 

 

Publié le 25 Septembre 2013
Auteur : coordonné par Nathalie Gathié | Photo : Jocelyn Ramasseul pour Causette
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