Culture Publié le 17 Janvier 2010 par Karina Ykrelef

Bahman Ghobadi Voir Cannes et croupir !

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En quelques jours, Bahman Ghobadi est passé du tapis rouge cannois, le Prix spécial du jury à la main, à la prison de Téhéran. Pour fêter son retour en Iran. Son crime ? Avoir réalisé On ne sait rien des chats persans, un film virulent et critique sur la vie des artistes iraniens sous Ahmadinejad.

Il y a un avant et un après Festival de Cannes. Dix-sept petits jours de tournage et un prix. Ça, c'était l'avant. Pour l'après ? Neuf jours et neuf nuits au cachot. La grande majorité des équipes rentre bredouille et épuisée. Les autres sont tout aussi raides, mais heureuses parce que primées. Bahman Ghobadi aura eu un peu de tout. À son retour à Téhéran, l'Iranien fraîchement récompensé dans la catégorie « Un certain regard » a reçu des honneurs très particuliers du gouvernement. Ahmadinejad, alors qu'il préparait sa réélection, a été lui aussi ému par On ne sait rien des chats persans et a donc réservé une cellule pour accueillir son réalisateur. Mi-mai déjà, pendant le festival, lors de notre entretien, Ghobadi pressentait le danger : « Si je rentre, je m'expose à... » Sa phrase était restée en suspens, regard perdu, puis il s'était pris la tête dans les mains. Avant une autre gorgée de thé, le sourire aux lèvres, comme pour détendre ses traits tirés par la fatigue et l'inquiétude. Contraste saisissant au milieu de la végétation luxuriante du patio de l'hôtel, à quelques centaines de mètres des festivalières perdues dans le choix cornélien de la robe adéquate pour la montée des marches. « Vous ne vous rendez pas compte, je ne peux pas rentrer... Tout ce que j'ai fait, je n'avais pas officiellement le droit de le faire. »

 

...la suite dans Causette#3...

 

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Publié le 17 Janvier 2010
Auteur : Karina Ykrelef | Photo : Valéry Hache / AFP PHOTO
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