Media Publié le 26 Août 2013 par Anne-Laure Pineau

Plus belle la vie ou le paternalisme subliminal

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Chaque soir, depuis 2004, à l’heure du journal de 20 heures, plus de 5 millions de Français ont rendez-vous avec Mirta, Roland et Blanche. Au-delà du divertissement, le programme phare de France 3 permet à la chaîne d’accomplir sa mission de service public. Car derrière ses décors en carton-pâte et ses intrigues rocambolesques, les dialogues innocents du genre « se droguer, c’est mal » cachent une petite fabrique de citoyens bien sous tous rapports. Super business et arme d’éducation massive, PBLV ?

Tout le monde a un parent, une amie ou un amour qu’il ne faut pas appeler entre 20 h 15 et 20 h 45. Depuis neuf ans, le soap opera Plus belle la vie s’invite en effet entre la poire et le dessert, et a fini par se faire une place au soleil : quand, chaque soir, Pujadas informe quelque 4,4 millions de Français, France 3 en divertit plus de 5 millions. Mais l’histoire des habitants de la placette populaire de Marseille et de son bistrot, le Mistral, n’est pas si anodine. C’est juste une autre façon de fabriquer de « l’information ». Élections, délinquance, mariage gay, PBLV parle de la vie, la vraie, en plus rapide, et de façon plus illustrée. Quant aux morts en pagaille et aux complots à dormir debout, c’est une dramatisation qui scotche le téléspectateur devant son écran et qui, surtout, rend son cerveau disponible à ingurgiter de la communication républicaine avec des dialogues du type : « Il y a un truc qu’il faut que tu saches. La pilule se prend toujours à la même heure. » Car PBLV est un véritable programme d’éducation populaire, qui fabrique de la conscience citoyenne en loucedé.

 

La suite dans Causette #38.

Publié le 26 Août 2013
Auteur : Anne-Laure Pineau | Photo : Camille Besse (illustrations) avec les photos de F. Lefebvre/France 3
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