La copine de Causette Publié le 26 Août 2013 par Anne-Laure Pineau

Juliette La sale môme

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Depuis une vingtaine d’années, l’irrésistible Juliette Noureddine remplit d’un public conquis les Zénith et les MJC de France et de Navarre. D’album en album, elle a troqué les velours du music-hall pour des cuirs plus rock. Et si Juliette assume son petit côté “sale gosse”, elle se sent loin des étiquettes d’intello ou de fofolle qu’on aime lui coller sur le dos. Son dernier album, “Nour”, sort fin septembre. Il parle d’alcoolisme et de tragédie, mais aussi de crottes de nez et de courses au Super U. Joli programme !

Par une chaude matinée de juillet, Juliette arrive à pied au Théâtre du Châtelet, à Paris. Telle une bistrotière de quartier, elle salue tout le monde, du machino à l’attachée de presse. « C’est ma maison ! » claironne-t-elle avec une voix d’enfant, juste pour faire l’andouille. Elle traverse sans les regarder les dorures du fastueux foyer du théâtre, tout de parquets et de cristal. Et nous voilà à ses trousses. Lancée comme une flèche, elle va trouver dans une salle les touches d’un piano solitaire, bâché dans un coin. Les notes de musique s’envolent : Juliette est là, et les sirènes de la rue se taisent. Le rire pour héritage Depuis un peu plus de vingt ans et une dizaine d’albums, elle apporte sa pierre baroque à l’édifice de la chanson réaliste. Souvent rangée auprès de Brel et de Barbara, avec un petit côté Piaf assumé, elle a raflé les récompenses, disques d’or ou de platine, bien que peu présente dans les médias. Avec le temps, son oeuvre s’est faite plus éclectique, plus personnelle encore. Ses accents de music-hall, traînant sur les « r », elle les a changés en cris d’orfraie, dignes des punkettes Riot Grrrl. Et c’est le feu, et non le blues, qu’elle met dans les MJC de tout le pays.

 

La suite dans Causette #38.

Publié le 26 Août 2013
Auteur : Anne-Laure Pineau | Photo : William Beaucardet pour Causette
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