Coup de projo Publié le 26 Avril 2013 par Causette

Crise générale : inacceptable résignation

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« There is no alternative ! » C’est Margaret Thatcher qui le disait. Le libéralisme, sinon quoi ? Ben, rien. Même son de cloche aujourd’hui : à problèmes néolibéraux, solutions néolibérales, un point c’est tout. Et vu l’état de panique dans cette crise générale, nous sommes priés de croire en cette solution… simple et unique. Pour être franche, j’ai un peu paniqué, moi aussi. Je me suis demandé si, effectivement, l’époque n’était pas comparable avec les années 30 : islamophobie, affaire Cahuzac, groupuscules fascistes, montée du chômage, « tous pourris » en veux-tu en voilà... Et le Front national en embuscade pour les municipales, en attendant la présidentielle de 2017. C’était tentant et naïf, je l’avoue. Mais vous savez quoi ? A priori, il n’y aura ni guerre mondiale ni bombardements de la Wehrmacht. Ça, c’est pour ce qui ne se passera pas. En revanche, vous dire comment ça va se terminer... personne ne s’y aventure. Et c’est là que naît l’espoir. Parce que tout est encore possible !

Vous l’aurez remarqué, l’air du temps est au découragement, à l’abandon, à l’acceptation d’une fatalité qui nous dit que, si on ne sait pas à quelle sauce on va finir par s’entremanger, on accepte calmement l’idée que le festin cannibale aura lieu... Parce que c’est comme ça, hein, on n’empêche pas la pluie de tomber. Alors, à mon tour, j’ai interrogé une batterie d’historiens, sociologues, politologues, démographes, économistes, pour leur arracher quelque état des lieux, quelques prévisions afin de savoir si, oui ou merde, cette décennie 2010 allait se terminer sous une présidence Marine Le Pen, si je devais d’ores et déjà préparer une cabane dans le maquis ou prendre mon billet pour les Amériques. La majorité d’entre eux m’ont envoyée sur les roses, m’ont réexpédiée derrière mon clavier de pisse-copie en me disant, comme le politologue Bertrand Badie : « Je suis agacé d’entendre cette routine rhétorique, ce lieu commun qui inonde beaucoup de médias et qui vient faire des rapprochements qui sont extrêmement naïfs. » Oups ! Pascal Boniface, le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, m’a calmée : « Le monde ne va pas très bien, mais nous ne sommes pas au seuil d’une Troisième Guerre mondiale. Il faut savoir raison garder ! Tout ce qui est alarmiste, ce qui n’est pas lucide, a plutôt tendance à aggraver la situation ! »

 

La suite dans Causette #35

Publié le 26 Avril 2013
Auteur : Causette | Photo : Jocelyn Ramasseul (illustrations)
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