Les gens Publié le 15 Janvier 2010 par Laurence Ubrich

Histoires d'empoisonneuses

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La ciguë vengeresse est-elle un attribut essentiellement féminin ? Aussi ambigu que l'absinthe, l'armoise ou l'antimoine, aussi onirique que la mandragore ou le datura, aussi contradictoire qu'un antidote au venin, le poison reste un mode opératoire prisé des favorites délaissées, des héritières spoliées, des épouses trompées ou des veuves très peu éplorées... Après des siècles de complots toxiques, les élixirs savants et autres secrets d'apothicaire ont cédé le pas à des substances plus triviales. Fini les fioles opalines, les parchemins mortels et les bagues maléfiques ! Les empoisonneuses modernes vivent avec leur temps et se sont tournées vers des seringues plus académiques ou d'anodins détergents. Mais qu'elles soient alchimistes ou simples ménagères, le dessein reste le même : tuer en toute discrétion.

Agrippine, Lucrèce Borgia, Marie Besnard. Leurs noms donnent le frisson, leur évocation sent le souffre et l'arsenic. Mais au-delà de ces illustres meurtrières de la Rome antique, de la Renaissance italienne ou du Loudun d'après-guerre, un grand nombre d'anonymes sont elles aussi passées à l'acte. Par désespoir parfois. Par vénalité souvent. Grâce à une grande maîtrise de leurs émotions, toujours. Car derrière chaque histoire de poison se cache une personnalité manipulatrice, une femme calme et déterminée. Point de corps à corps sanguinaire dans ces parcours criminels. Point de cris ou de lames. Ici, la mort est instillée avec lenteur.

 

...la suite dans Causette#3...

 

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Publié le 15 Janvier 2010
Auteur : Laurence Ubrich | Photo : Morpheen
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