Enquete Publié le 26 Avril 2013 par Widad Ketfi et Faïza Zerouala

Ni putes, ni soumises... ni efficaces

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Toute première association à libérer la parole des filles des quartiers, Ni putes ni soumises fête ses 10 ans sur fond de dissensions aiguës. Contesté dans les cités, snobé par les pouvoirs publics, ce symbole apparaît à bout de souffle à l’heure de souffler les bougies. Dommage !

Avec un anniversaire comme ça, pas besoin d’enterrement. Loin des banlieues dont elles sont issues, les Ni putes ni soumises (NPNS) se sont réunies dans les locaux de l’agence de pub BETC, à Paris, le 4 avril pour souffler leurs dix bougies. Entre petits-fours et cocktails, quelques figures… virtuelles : Corinne Lepage et Élisabeth Badinter, « soutiens de la première heure », se fendent d’un encouragement vidéo. Les militantes historiques du mouvement, elles, fulminent et n’hésitent pas, pendant leur prise de parole, à pulvériser le consensus qui sied à ce genre de pince-fesses : « Nous avons été, nous les marcheuses – Loubna, Safia… –, trop souvent oubliées. C’est inimaginable », gronde Ingrid Renaudin, l’une des fondatrices. Vous n’avez jamais parlé du déterminisme social, de l’échec sco- Enquête laire : notre travail de dix ans a été anéanti. » Dans le viseur, Fadela Amara, présidente emblématique de NPNS avant son entrée en Sarkozie, en 2007. Matraquée, l’ex-secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville ne se réjouit pas moins de participer à ce dîner de gala. « Je n’ai pas eu à payer les 300 euros demandés aux invités ! » commentet‑elle. Taxée par ses ex-copines d’avoir « volé le bébé NPNS », Fadela Amara n’a pas le profil d’une donatrice.

 

La suite dans Causette #35.

Publié le 26 Avril 2013
Auteur : Widad Ketfi et Faïza Zerouala | Photo : Philippe Grollier
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