Politique Publié le 25 Avril 2013 par Adélaïde Robault

Une femme contre les bulldozers

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Au Cambodge, Tep Vanny est devenue la figure de proue d’un mouvement mené par des femmes qui luttent contre les expropriations orchestrées par le gouvernement. Dans ce pays où 400 000 personnes ont déjà été victimes de conflits fonciers, sa popularité est telle que l’opposition voit en elle une candidate idéale pour les élections législatives en juillet prochain.

Elle est devenue LA femme qui gêne le gouvernement cambodgien, le grain de sable dans les rouages d’une politique de développement basée sur la spoliation des terres. Tep Vanny 1, 33 ans, aurait pu rester une tranquille mère de famille, élever ses deux enfants et faire tourner son épicerie si son quartier de Phnom Penh, Boeung Kak, et sa maison n’étaient devenus la cible d’un vaste projet immobilier. Tout commence en 2007 lorsque Hun Sen, Premier ministre du Cambodge, au pouvoir depuis 1985, concède un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans à un sénateur de son parti, le Parti du peuple cambodgien, ex-communiste. Sa mission : faire pousser buildings et hôtels 4 étoiles. Pour cela, il fallait raser Boeung Kak. Et la maison de Vanny. Un an après, en 2008, quatre mille familles avaient déjà quitté les lieux sous la menace. Quant aux touristes, pourvoyeurs de devises, ils ont disparu en même temps qu’étaient rasés hôtels et commerces. Pour Vanny, qui gagnait jusqu’à cent dollars par jour, soit deux fois le salaire moyen, et faisait vivre frères et soeurs sous son toit, cette situation est une catastrophe économique et une injustice. Au Cambodge, où la politique autoritaire de Hun Sen supporte mal la contestation, rares sont ceux qui osent se dresser contre le pouvoir, et c’est pourtant ce qu’elle a fait avec ses voisines, toutes commerçantes. Et puisque leurs maris, fonctionnaires, ne peuvent manifester, ce sont elles, les femmes, qui iront !

 

La suite dans Causette #35.

Publié le 25 Avril 2013
Auteur : Adélaïde Robault | Photo : Christophe Mereis
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