La copine de Causette Publié le 25 Avril 2013 par Nathalie Gathié

un loup chez les babies Natalia Baletao

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Depuis vingt-deux ans, Natalia Baleato dirige Baby-Loup, à Chanteloup-les-Vignes. Créée pour des mères contraintes aux horaires de travail décalés, cette crèche accueille les bambins vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sept jours sur sept. Une oeuvre d’émancipation aujourd’hui suspectée de discrimination religieuse. Un déni de la réalité, aux yeux de sa fondatrice. Retour sur la trajectoire d’une femme qui milite comme elle respire.

« Un portrait ? Pas sûr que Natalia en ait envie », prévient au téléphone l’un des salariés de Baby-Loup. C’est que Natalia Baleato, fondatrice en 1991, à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), de la crèche la plus polémique de France, goûte peu l’air du temps médiatique. « L’heure est à fabriquer des idoles, à romancer les faits plus qu’à les relayer, ça ne me convient pas, commente l’intéressée, dont seul l’accent latino réchauffe le propos. Je ne me vis pas comme une héroïne, et l’histoire de Baby-Loup n’est pas la fiction tricotée par les gazettes. » Réfugiée politique chilienne, cette bientôt sexagénaire n’a pas fui la dictature de Pinochet en 1974, puis celle de l’Argentin Videla trois ans plus tard, pour céder à la tyrannie de l’émotion dictée par la société du spectacle. De son époux rencontré à Buenos Aires sous le régime des colonels, de leurs premières années d’exil dans un foyer de Puteaux, Natalia dit le minimum. Qu’on l’affuble d’une étiquette, elle en divorce aussitôt : « Nounou des cités », « hyperlaïque », « mégaféministe » résonnent à ses oreilles comme des « formules absurdes qui réduisent l’aventure collective de Baby-Loup à [s]on seul parcours. Cette personnalisation outrancière permet de raconter des fables sans s’encombrer de la complexité du réel ».

 

La suite dans Causette #35.

Publié le 25 Avril 2013
Auteur : Nathalie Gathié | Photo : Christophe Mereis
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