Culture Publié le 25 Mars 2013 par Johanna Luyssen

Alex Beaupain, la face B

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Le grand public l’a découvert en 2007 avec la BO du film de Christophe Honoré, “Les Chansons d’amour”. On l’a immédiatement rangé dans la case “dandy trentenaire pop qui met en musique nos échecs amoureux”. En vrai, Alex Beaupain est un garçon drôle et enjoué, qui approche la quarantaine et qui cultive l’ironie et le décalage. La preuve avec son quatrième album, “Après moi le déluge”.

Il neige à gros flocons en ce mois de mars, l’hiver s’attarde, et il boit du thé, volubile, attablé sous la verrière de l’hôtel Amour, à Paris. À première vue, Alex Beaupain est conforme à l’image qu’on s’en faisait : un chanteur sentimental qui aime la pluie, Barbara, les boissons chaudes, la lumière des magasins ouverts le soir. Tout cela, dit-il, est « réconfortant ». Un peu comme ses chansons, douillettes comme un plaid, qui racontent à longueur d’album le deuil, la rupture, l’amour qui s’en va, le temps qui passe. Mais on aurait tort de penser qu’il ressemble totalement à sa musique nostalgique. « Dans la vie, je ne pense pas être un garçon sordide. Même si je suis très premier degré quand je fais mes chansons. Elles peuvent être tristes, tragiques, déchirantes, et quand je les joue sur scène, c’est avec conviction. Mais si, en plus, j’arrive sur scène, comme Mylène Farmer, en garçon avec dix ans de moins, ça vire à la messe, et c’est un mensonge. » D’ailleurs, en concert, il fait de très bonnes blagues. Avant d’entamer des chansons comme Juste ces mots, par exemple (qui commence par « Juste ces mots pour vous dire / Qu’il fait un temps à pleurer / Qu’il fait un temps à vomir / À pleuvoir sur le plancher »), il plaisante, doux et ironique, sur l’infinie tristesse de ce qu’il va chanter. Et le public rit, l’air de penser : « Ouf ! on a le droit de se marrer. » Rien de tel qu’un petit trait d’esprit pour dédramatiser un concert de deux heures qui, autrement, risquerait de virer à la cérémonie lacrymale. Il use et abuse de ce procédé en tournée, au risque d’en faire trop. « À un moment, j’ai fait attention avec les blagues, parce que ça devenait un peu Rire et chansons. »

 

La suite dans Causette #34...

Publié le 25 Mars 2013
Auteur : Johanna Luyssen | Photo : Marion Gambin pour Causette
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