Politique Publié le 25 Mars 2013 par Ellen Salvi

Les galériens de l’Assemblée collaborateurs parlementaires

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Ils sont jeunes et surdiplômés. Ils rêvent de politique et décrochent un premier job comme assistants parlementaires. Puis ils découvrent l’envers du décor : les temps partiels, les faibles rémunérations, le harcèlement moral… Dans l’univers capitonné du Palais-Bourbon, les promesses sociales sont souvent réservées au monde extérieur.

Bosser 50 heures par semaine aux côtés d’un député qui défend farouchement les 35 heures. Préparer des propositions de loi en faveur de l’emploi des jeunes quand on est soimême dans une situation professionnelle des plus précaires. Tels sont les petits paradoxes auxquels sont soumis, depuis toujours, les collaborateurs parlementaires de l’Assemblée nationale, dans une indifférence quasi générale. « Les gens nous imaginent très bien payés, fonctionnaires, avec voiture et appartement de fonction, s’amuse Hélène1, qui exerce ce métier depuis trois ans. Ils n’ont aucune idée de la précarité qui se cache derrière cette jolie ligne sur le CV. » Surcharge de travail, multiplication des temps partiels, faibles rémunérations, tâches de secrétariat assumées par des bac + 5… Le quotidien des petites mains de l’Assemblée laisse entrevoir une réalité beaucoup moins clinquante que les dorures du Palais-Bourbon. « Pas de statut ni de grille de salaires. On est un peu perdus au milieu du droit, poursuit Hélène. C’est le grand paradoxe de l’Assemblée nationale : les propres collaborateurs de ceux qui font les lois sont souvent moins protégés que n’importe quel salarié de droit privé. »

 

 

1. Tous les assistants parlementaires interrogés par Causette ont souhaité garder l’anonymat. Leurs prénoms ont été modifiés.

 

La suite dans Causette #34...

 

Publié le 25 Mars 2013
Auteur : Ellen Salvi | Photo : Besse (illustration)
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