Culture Publié le 25 Février 2013 par Propos recueillis par Isabelle Motrot

Solveig Anspach, l'islandaise of Montreuil

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Elle tangue entre documentaire et fiction, entre humour et noirceur. Mais offre toujours un cinéma poétique et intimiste. Le dernier film de cette cinéaste venue du pays de Björk, "Queen of Montreuil", explore un sujet lourd - le deuil - en nous transportant dans un monde féerique.

Solveig Anspach est née en Islande, d'une mère islandaise et d'un père amé- ricain. Si elle vit aujourd'hui en France, ses films, eux, documentaires ou fictions, se baladent encore entre ces trois pays. On la découvre en 1999 avec son premier long-métrage de fiction, Haut les cœurs ! Karin Viard y jouait une femme atteinte d'un cancer, qui décidait de porter tout de même un enfant. Sublime. Solveig Anspach réalise des films sensibles et subtils, empreints d'un humour désarmant. Elle habite et travaille à Montreuil, dans une maison biscornue qui ressemble à celle de son film. Des tulipes et des guirlandes lumineuses. Rencontre avec une réalisatrice délicieusement hors norme.

Causette : Qu'est-ce qui a déclenché votre inspiration pour "Queen of Montreuil" ?

Solveig Anspach : Je suis partie d'une image que j'avais envie de voir: un champ-contrechamp entre deux grues de chantier. Je n'ai jamais vu ça dans un film.

 

C'est un peu ténu comme point de départ, non ?
S. A. :
Oui, c'est ténu ! [Elle rit.] Il y avait aussi l'envie de mettre en scène un animal. On a choisi le phoque à cause d'une légende islandaise. Et puis est arrivée l'idée du personnage d'Agathe, qui vient de perdre son mari et ne sait pas comment sortir de son deuil. Le film s'est construit peu à peu. Ce que j'aime vraiment, c'est qu'on ait envie de rire et qu'on soit ému en même temps. Qu'on ne sache pas très bien où on en est.

 

Vous avez pris des éléments disparates, à la Prévert : des grues, des Islandais, un phoque, une veuve... Mais vous faites un film qui parle de tout autre chose ?
S. A.:
Bien sûr, le thème principal, ce sont les liens qu'on tisse avec les autres, la communauté qu'on s'invente. Moi, je ne suis pas militante, je ne distribue pas de tracts, mais je crois beaucoup à la solidarité et à l'effet papillon: si le matin je prends le temps d'échanger quelques mots avec la boulangère, la journée commence mieux pour elle et pour moi. Et ça va se répercuter jusqu'au soir.

 

La suite dans Causette #33...

Publié le 25 Février 2013
Auteur : Propos recueillis par Isabelle Motrot | Photo : CHRISTOPHE MEIREIS
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