Culture Publié le 25 Février 2013 par JEAN-VIC CHAPUS

Mélissa Laveaux : « Je ne veux pas être cette chanteuse qu'on a envie de réconforter »

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D'origine haïtienne, mais élevée au Canada, Mélissa Laveaux vit désormais à Paris. Dans ses chansons, on reconnaît un mix entre Björk, Feist, Lauryn Hill, Camille et Me'Shell Ndegeocello. Sera-t-elle la prochaine icône féminine de la pop alternative ? Déjà, la jeune femme se définit comme quelqu'un de positivement éparpillé, donc insaisissable. Toujours bon signe.

"Désolée pour le retard (dix minutes: intolérable). C'est ma journée speed. Là, j'étais en train de boucler la pochette du disque et après, je file répéter avec mes musiciens, mais on a complètement oublié de réserver un studio ! » Paris, quartier Pigalle, en janvier. Celle qui parle est une sorte de tornade. Une tornade d'un mètre soixante et quelques. Visage rond et avenant. Grosses lunettes et guitare vintage au rouge lustré sur le dos. Mélissa Laveaux a 28 ans. D'origine haïtienne, elle a vécu la majorité de sa jeunesse entre Montréal et Toronto avant de s'établir à Ottawa, puis à Paris. Dans ce café de la place Pigalle, elle passe du coq à l'âne, commence certaines phrases dans un français mâtiné d'accent canadien et les termine en anglais. Extrêmement liante, elle est capable de s'enflammer dès qu'il s'agit de raconter ses engagements bénévoles et féministes, puis d'évacuer sa façon d'envisager la composition d'un disque avec désinvolture: « En moyenne, il me faut cinq ans entre deux albums. Évidemment, ça ne fait pas plaisir à ceux qui me poussent vers une carrière, disons "normale", mais, c'est comme ça, je papillonne. J'ai toujours peur de devenir professionnelle dans un seul domaine. Parfois, c'est plus épanouissant d'être un bon amateur dans plusieurs sphères ! » 

Mélissa Laveaux s'est installée à Paris en 2009 pour satisfaire aux exigences de son label, No Format. La raison ? Cette structure, à qui l'on doit des merveilles récentes de la sono mondiale (Mamani Keïta), mais aussi l'album « Solo Piano » de Gonzales, voit un bel avenir dans le « singing songwriting » de Mélissa Laveaux. Et ces gens-là ont certainement raison, puisque le coup d'essai, « Camphor & Copper » (2008), a déjà suscité une adhésion sincère de la critique la plus pointue. Plus singulier, le deuxième album de Mélissa Laveaux, « Dying is a Wild Night », devrait augmenter sa cote. Parce qu'elle est volubile, d'accord, mais aussi parce que ce qu'elle dégage sur disque comme en entretien évoque tout un tas de femmes fortes à la Regina Spektor, Björk, Lhasa, Camille, Billie Holiday, Beyoncé et Lauryn Hill. Extraits de rencontre avec un esprit libre.


La suite dans Causette #33...

Publié le 25 Février 2013
Auteur : JEAN-VIC CHAPUS | Photo : MAIA FLORE/AGENCE VU POUR CAUSETTE
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