Corps et Ame Publié le 25 Février 2013 par Dossier réalisé par Liliane Roudière

Prostitution

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Abolitionniste ou réglementariste ? C'est LA question qui divise tous ceux qui décident de se pencher sur la prostitution. On essaie de la supprimer ou on la réglemente ? Et c'est parti... Moi, j'ai une autre question à vous poser: pensez-vous qu'on en soit encore à devoir disserter pour savoir si c'est bien ou mal de louer son corps pour des services sexuels ? Un débat certes passionnant, aux frontières de la philosophie et de l'éthique. Libre disposition de son corps ou exploitation des femmes ? C'est passionnant, vraiment. 

 

Mais il y a une réalité bien plus prosaïque que révèlent les chiffres de la police et le dernier rapport de l'Igas : en France, 90 % de la prostitution est issue de réseaux criminels, et 80 % de ces 90 % sont des femmes étrangères. L'imagerie de la pute « tradi » vire sépia. Les nouveaux julots sont de belles crevures, masculines et féminines, et elles essaiment dans le monde entier. En France, le ministère des Droits des femmes veut prendre le problème à bras-le-corps. Mais est-ce son rôle ? On parle bien de criminalité, non ? Et quand on regarde de près ce qui se passe au-delà de nos frontières, on se rend compte que rien ne marche vraiment. Au regard du sondage que « Causette » a commandé, on comprend que c'est peut-être parce que la majorité ne veut pas vraiment que ça change: 75 % des Françaises et des Français pensent que la prostitution, hélas, bien sûr, est un « mâle » nécessaire. Que les hommes ont des « besoins », voyez-vous.

 

Du coup, les trois quarts d'entre nous sont pour la réouverture des maisons closes. La vache, y a du boulot! Parce que, jusqu'à preuve du contraire, rien en médecine ni en psychiatrie ne vient valider cette idée reçue. Non, ce n'est pas «naturel» de se taper une pute, comme on s'enfilerait une binouse ou un Doliprane. Il est temps de remonter le pantalon et de secouer le cocotier du modèle patriarcal ! Gare à la complaisance des médias vis-à-vis de la prostitution, à l'accès au porno, aux petites annonces sur le Net et à tout ce qui fait le berceau des idées reçues. Mais que faire sans volonté et action politiques ? Philosopher. Causette a interrogé Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes. Elle souhaite mettre en place une politique interministérielle et européenne. Vers un change- ment profond de la société. On ne demande qu'à voir.

 

Car, même volontaire, la prostitution est rarement une partie de jambes en l'air. Quelques-unes d'entre vous se souviendront de Momo, la première « Copine » de Causette, une prostituée « traditionnelle » et indépendante de la rue Saint-Denis, à Paris. Si elle affirmait joyeusement et avec gouaille avoir réussi sa vie, c'était parce qu'elle pouvait se féliciter : « Mon fils n'est pas voyou et ma fille n'est pas pute. » Pour ce qui est du débat de savoir si c'est bien ou mal de vendre son corps, eh bien ! souhaitons qu'un jour il n'y ait plus que lui à régler !

 

 

- Ce que dit la loi


- Bordels catalans : la débandade


- Langues de putes


- Dodo la Saumure, l'insoutenable légèreté du souteneur


- « La sexualité a un caractère marchand »,

par Philippe Brenot


- Bosnie : un refuge pour celles qui dénoncent


- « On est dans un entre-deux qui ne peut plus durer »,

par Najat Vallaud-Belkacem

 

 

... À lire dans Causette #33...

 

 

 

 BONUS :

 

- Sondage IFOP pour CAUSETTE - « Les Français et la prostitution »

 

- Témoignages

 

Dans son numéro 33, « Causette » consacre son dossier « Corps & Âme » à la prostitution et vous propose quelques compléments en ligne. Vous trouverez ici le sondage complet – et très étonnant – commandé par « Causette » à l’Ifop, qui interroge les Français sur leur rapport à la prostitution. Vous aurez également accès à plusieurs témoignages. Aucun d’entre eux ne concerne des prostituées sous l’emprise de réseaux (les autres sont à retrouver dans le mag).

Il faut prendre chaque récit pour ce qu’il est, un parcours individuel parmi la multitude des trajectoires possibles. De même pour le témoignage de ce jeune garde de détenus. Son histoire apporte un éclairage à prendre en compte, mais il n’a pas pour ambition d’être le reflet du comportement général de la police face aux prostituées.

 

 

- Clémence, prostituée par son petit ami, 26 ans.

 

- Lili, prostituée, 55 ans.

 

- Marie, entraîneuse dans un bar à champagne, 28 ans.

 

- Philippe, prostitué, 24 ans.

 

- Sadie, escort, 26 ans.

 

- Frédéric, ancien garde de détenus

 

 

Photos d'Ulrich Lebeuf / MYOP, extraites de la série Antonyme de la pudeur, sur les tournages de films pornographiques.

 

Publié le 25 Février 2013
Auteur : Dossier réalisé par Liliane Roudière | Photo : Ulrich Lebeuf / MYOP
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