Vue du labo Publié le 25 Février 2013 par Antonio Fischetti

Le délit de sale gueule frappe aussi les animaux

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Pourquoi trouve-t-on «répugnante» l'inoffensive araignée qui nous débarrasse des moustiques et «mignon» le chat qui griffe notre canapé et pisse sur la moquette? Quand on y pense, ça n'a rien de logique. En vérité, la tendresse ou le dégoût que nous inspirent les animaux est le résultat d'influences sociales, psychologiques ou biologiques... Et les connaître peut aider à apprivoiser ses pulsions.

D'une manière générale, il est absurde autant que macho de prétendre que les femmes sont plus froussardes que les hommes. Mais il y a un domaine où il faut admettre que le courage féminin n'est pas au top, c'est celui des petites bêtes. Qu'on le veuille ou non, plusieurs études l'ont prouvé: grosso modo, les femmes sont quatre fois plus sujettes que les hommes à la phobie des animaux. Celle des serpents touche 8,3 % des femmes et 2,4 % de leurs congénères du sexe masculin. Quant aux araignées, elles font paniquer 5,6 % de la gent féminine et 1,2 % de la gent masculine. Si on cumule toutes les phobies de bestioles (rats, chiens, etc.), 12,1 % des femmes sont concernées, contre 3,3 % des hommes. À vrai dire, cette différence ne se limite pas aux animaux. Pour les autres phobies (vide, foule, aiguilles, enfermement...), le déséquilibre est moins prononcé, mais les femmes restent 1,5 à 2,5 fois plus nombreuses que les hommes à en souffrir.

Cette différence peut s'expliquer de plusieurs façons. Par l'éducation, bien sûr: le garçon craintif qui se voit traité de «fillette» dans la cour de récré apprend vite à refouler ses peurs. Mais la génétique a aussi son mot à dire. À propos des araignées, c'est ce que suggère l'étude suivante. Les chercheurs ont observé des bébés âgés de 11 mois. Ils leur ont montré des photos d'araignées et de fleurs. Mais chacune était associée à une photo de visage, soit apeuré, soit souriant. Et là, surprise: quand les images d'araignées étaient associées à un visage apeuré, les petites filles les regardaient plus longtemps que les garçons. Ce qui, pour les chercheurs, est le signe d'une propension à associer l'araignée à la frayeur. Les filles n'auraient pas une peur innée de l'araignée en tant que telle, mais une plus grande prédisposition à l'exprimer si on les y incite !

 

La suite dans Causette #33...

Publié le 25 Février 2013
Auteur : Antonio Fischetti | Photo : MISE EN SCÈNE : SOPHIE CALLE « DES JOURNÉES ENTIÈRES SOUS LE SIGNE DU B, DU C, DU W. BB» (DÉTAIL), 1998 © ADAGP, PARIS 2013 - PHOTO : JEAN-BAPTISTE MONDINO/COURTESY GALERIE PERROTIN, HONG KONG & PARIS
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