Publié le 25 Février 2013 par CAUSETTE

Le nouvel âge d'homme

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Mesdames, Mesdemoiselles... Messieurs, l'heure est solennelle : l'homme nouveau existe bel bien, on en a vu ! Oui, en 2013, un mâle peut être non dominant sans être un loser, ou se conduire en chouette papa au foyer sans y perdre son pénis. Seulement, voilà ! à peine cet Homme nouveau a-t-il pointé le bout de son nez, qu'on nous annonce déjà la Fiiiiiiiin des hommes ! Comprenez : l'égalité des droits, les mutations de la société l'auraient fait disparaître à vitesse grand V. Pour l'homme, le vrai, Aldo Maccione, John Wayne, notre Eric-Un-homme-Un-Vrai... c'est le « burnes-out ».

Mais c'est plutôt une bonne nouvelle, non ? Moi, je voudrais fêter, en ce joli mois de mars, l'avènement de l'Homme nouveau. Il est peut-être minoritaire dans un monde où la domination masculine n'a pas disparu, mais il est bien là, frémissant, son plat de moussaka à la main... Et vous en connaissez toutes au moins un. Alors qu'on ne vienne plus nous chauffer les oreilles avec la fin des hommes !

 

Les machos sont fatigués


À lire la journaliste américaine Hanna Rosin, c'est pourtant la fin des haricots. « Les hommes sont décidément à la remorque », annonce la quatrième de couverture de son livre polémique « La Fin des hommes ». Voici venu le temps des femmes. « Les machos sont fatigués », renchérit joliment le spécialiste de la virilité, Jean-Jacques Courtine, développant : « L'honneur et la honte ; la famille et les autres ; la maman et la putain : voilà sans doute ce que le machisme des origines a reçu dans son berceau [...]. Ce modèle [...] a cependant peu à peu perdu de sa force et de son crédit dans l'Occident contemporain. » Que les mecs aient un peu le blues, d'accord. Que les machos aient moins la cote, pourquoi pas. Mais parler de la « fin des hommes », vraiment ? On a posé la question à Hanna Rosin, de passage à Paris pour la promotion française de son livre. Elle nuance son propos d'un : « C'est surtout la fin des privilèges masculins, de cette idée qu'ils dirigent le monde. » Dans son essai, elle raconte, en effet, à coups de témoignages, interviews et chiffres, que les femmes tirent davantage leur épingle du jeu que les hommes dans la société du XXIe siècle. D'abord parce qu'elles sont plus nombreuses qu'eux dans les universités dans de nombreux pays du monde ; que les métiers associés à leur genre (les services) sont plus prisés dans cette nouvelle économie que ceux associés aux hommes (comme la manutention) ; qu'elles font de plus en plus souvent bouillir la marmite. À terme, soutient-elle, ce seront elles les nouvelles gagnantes de la guerre des sexes. Mouais, allez dire ça aux Saoudiennes ou aux mères célibataires du monde entier...

 

La suite dans Causette #33...

Publié le 25 Février 2013
Auteur : CAUSETTE | Photo : Illustrations : Auguste Derrière
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