Culture Publié le 31 Janvier 2013 par Bérangère PORTALIER

Les tribulations d’un cinéphile indien en France

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C'est l'histoire d'un Français d'origine indienne de 33 ans à peine qui a décidé d'importer le cinéma de Bollywood dans l'Hexagone. Tout seul, comme un grand ! Et, comme dans un bon film indien, tout ça ne s'est pas fait sans obstacle : entre la mafia tamoule établie à Paris et le peu d'appétit du public pour ces films, Agilane Pajaniradja a dû vaincre pas mal de réticences pour arriver à ses fins...

Un Bollywood, c'est une soirée de spectacle grandiose pendant laquelle on rit, on pleure, on s'identifie. C'est du vrai cinéma populaire (comptez au moins trois à quatre heures de film !). Mais, pour y avoir accès en France, c'est un cauchemar. Les rares séances se payent une fortune, en liquide, dans des cinémas aux moyens techniques minables, et sont en V.O... non sous-titrée. Un « ciblage communautaire inacceptable », pour Agilane Pajaniradja. En spectateur exigeant, ce jeune Français de Pondichéry 1 s'est donc donné une mission : sortir Bollywood du ghetto grâce à du bon son, de bons écrans, un réseau légal et des sous-titres français. Pour cela, il a monté sa propre société de distribution, Aanna Films. À 30 ans, il est ainsi devenu le premier importateur de Bollywood à diffuser les films dans l'Hexagone simultanément à leur sortie indienne. Mais, pour parvenir à ce succès encore fragile, quel scénario !

 

Bollywood, je t'aime, moi non plus

 

Biberonné dès l'enfance au cinéma tamoul, Agilane part étudier le septième art en France en 1998. Ses premières expériences de spectateur le laissent désemparé. Il doit s'accrocher pour dépasser le choc culturel : en effet, chez nous, les longs-métrages ne durent qu'une heure trente ! Il se prend finalement au jeu et, soudain, rejette en bloc les films de son enfance. « J'ai découvert Wim Wenders, Truffaut et la finesse du cinéma occidental. Dans le même temps, il y a eu un vide dans le cinéma tamoul. Rien de bon ne sortait. Je me suis dit : quel cinéma de cons ! » Il lui faudra attendre quelques années avec la « nouvelle vague » des films tamouls, plus sociale, pour se réconcilier avec ses bases et avouer que le cinéma indien lui manquait : « Nous avons une véritable culture de la joie. Ça s'exprime par l'importance de l'humour et par l'énergie des chants et des danses. Ici, on rigole moins quand même. »


La suite dans Causette #31...

Publié le 31 Janvier 2013
Auteur : Bérangère PORTALIER | Photo : Christophe MEIREIS

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