Culture Publié le 31 Janvier 2013 par Jean-Vic CHAPUS

La Gale, entre punk et rap sociétal

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On la présente comme la cousine suisse des rappeuses Keny Arkana et Casey. Avec son premier album, tout en tension, Karine Guignard, alias La Gale, démontre qu'un autre hip-hop est possible.

Quand on l'interroge sur son pays, pas forcément référencé sur la carte du rap et du rock, Karine Guignard, alias La Gale, répond : « C'est vrai, mais il y a quand même eu Stephan Eicher, Young Gods pour le rock et Sens Unik pour le rap. On ne part pas de nulle part ! » De son enfance passée à Cossonay, village lugubre dans le canton de Vaud, cette fille d'un père suisse et d'une mère libanaise dit aujourd'hui, avec un demi-sourire aux lèvres : « La Suisse, c'est là où j'ai fait la découverte du racisme ! » Car il est difficile de faire son trou dans un pays qui, en 2009, a approuvé à 57  % une loi interdisant la construction des minarets ? « C'est surtout que, dans tous les coins un peu white trash, ce qui a l'air différent n'est pas accepté par la majorité ! C'est peut-être cette éducation qui m'a rendue vénere. »
Si le nom de rappeuse de Karine Guignard ne promet pas un son relaxé, les titres de son premier album ne laissent qu'à de très rares occasions entrer la lumière : Passe ton chemin, fais ta vie ; Quand la justice... ; Comptez vos morts. Chez La Gale, l'écriture est perpétuellement à cran, comme dans un roman de Virginie Despentes ou dans le jeu tout en tension d'une Béatrice Dalle. Aujourd'hui, La Gale se partage entre sa musique et une carrière d'actrice (elle a tenu le rôle d'une rappeuse prête à tout pour percer dans De l'encre, minisérie écrite par le duo La Rumeur et diffusée sur Canal +). La facilité voudrait qu'on la rapproche d'une école féminine dans le hip-hop francophone : Keny Arkana, Casey. Mais, si elle a certainement pas mal de points communs avec les deux précitées, elle dévoile aussi une vraie singularité. C'est une jeune femme entre deux modèles culturels, deux identités, deux professions artistiques. Rencontre avec une enfant du punk façon Bérurier noir, mais aussi du rap sociétal et brûlant à la NTM.

 

La suite dans Causette #31...

Publié le 31 Janvier 2013
Auteur : Jean-Vic CHAPUS | Photo : Samuel KIRSZENBAUM
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