Publié le 31 Janvier 2013 par Propos recueillis par Agnès GIARD

Juliette : « Je me bats pour devenir une “vraie” femme »

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"Je m'appelle Juliette, je suis responsable des ventes, un métier dynamique favorisant le contact humain. Autant dire que je suis une grande bavarde. Ma mère est institutrice à la retraite. Mon père, responsable commercial d'un gros groupe. J'ai deux grandes sœurs. On est très proches les unes des autres. J'ai eu une enfance très heureuse, j'ai été chouchoutée, protégée. Malgré tout, je ne me souviens pas avoir beaucoup échangé sur la sexualité avec mes parents. Ce n'est pas que c'est un sujet tabou, mais voilà. Ado, je regardais des films érotiques avec une copine en cachette. Je voyais déjà la sexualité comme quelque chose de caché, d'interdit et surtout pour les autres. J'étais simplement spectatrice de ces films, je ne me masturbais pas. Comme si cela ne pouvait pas me concerner. À cette époque, alors que j'étais en âge de mettre des tampons, je n'y parvenais pas. Cela aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
J'ai réalisé qu'il y avait un problème lorsque j'ai rencontré mon chéri, le premier et l'unique partenaire sexuel de ma vie. Nous étions étudiants. D'abord amis, puis amoureux. Je me souviens que j'avais très envie qu'il me touche. J'avais 20 ans, je vivais enfin loin de mes parents, je me sentais libre et pleine de désirs. Au bout de deux mois de câlins de plus en plus poussés, j'ai voulu faire l'amour. On a posé une date. Ça peut paraître stupide, mais je trouvais très romantique l'idée de me « préparer » pour ce grand soir. Sauf que je me suis trop mis la pression... probablement. Lorsqu'il a voulu me pénétrer, la douleur a été très intense. On a réessayé, croyant que c'était juste l'appréhension ou le perçage de l'hymen, mais j'ai encore eu trop mal. J'ai éclaté en sanglots. On a stoppé net. Je me sentais vraiment coupable d'avoir gâché ce beau moment. Mon chéri m'a rassurée. Pour lui aussi, c'était la première fois, et il ne voulait rien brusquer. Je ne m'attendais pas à ce que mon corps réagisse comme cela. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait."

 

La suite dans Causette #31...

Publié le 31 Janvier 2013
Auteur : Propos recueillis par Agnès GIARD | Photo : Magdalena Lutek/Nishe
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