La copine de Causette Publié le 31 Janvier 2013 par Saouâd Belhaddad

Lindsey Nefesh-Clarke : l’humanitaire 2.0

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Il suffirait d'un petit clic sur votre portable, d'un modeste don pour que, n'importe où dans le monde, une femme puisse étudier grâce à vous ? Trop simple ? Attendez... Lindsey Nefesh-Clarke va vous convaincre. Cette entrepreneuse met la solidarité internationale à l'heure du numérique. Armée d'un sourire, elle améliore concrètement la vie des femmes pauvres dans le monde entier.

Soudain, elle se tait. Suspend son récit animé, interrompt sa gestuelle éloquente. L'expression de son visage dénote un tourment intérieur. « Votre enfance, partagée entre l'Angleterre et le Canada, a-t-elle été heureuse ? » s'était-on risqué à demander. « Je... En fait. J'ai... » Un long silence, une profonde hésitation.
Lindsey Nefesh-Clarke avait été, jusqu'alors, intarissable. Dans un français impeccable, la Britannique avait narré, sans reprendre son souffle, son parcours d'humanitaire nomade. Elle avait, avec la même énergie, dépeint son nouveau ­combat pour améliorer les conditions de vie des femmes dans le monde.
Car Lindsey Nefesh-Clarke est une entrepreneuse sociale. Cette native de Manchester, diplômée de Cambridge en langues et lettres, a fondé en 2009 une plate-forme de philan­thropie en ligne : Women's Worldwide Web, appelée aussi W4. Heu, une quoi ? « Je vous montre ? » 
Elle file demander le code Wi-Fi à l'accueil du confortable café de l'hôtel où se tient la rencontre. Sa grâce et son style sobre - jean et large pull marine - lui donnent des allures de ­Charlotte Gainsbourg. Mais, côté engagement, elle aurait davantage le tempérament d'une Jane Birkin.
Elle revient à la charge, enthousiaste. « Vous allez voir, c'est vraiment très simple », dit-elle avec son accent british. L'écran affiche un site richement illustré, évoquant plus un magazine en ligne qu'un site humanitaire : photos vivantes, couleurs chatoyantes, portraits souriants ou non, mais dignes, textes avec gros caractères pour donner envie de lire...
L'action de W4 se concentre sur la promotion des femmes et des jeunes filles défavorisées, dans le monde entier. En améliorant leur accès à l'éducation, à la santé, aux nouvelles technologies... Tout cela grâce à la mise en réseau et au principe de la microfinance. « Il y a un tel contraste entre la volonté d'avancer de ces femmes et leur extrême pauvreté qui empêche tout ! Or, il faut si peu d'argent, parfois, pour tant de changements... D'un côté, dit-elle en déployant sa main vers la droite, vous avez le digital [anglicisme pour dire numérique, ndlr], de l'autre, poursuit-elle avec le même geste côté gauche, la pauvreté. J'ai voulu que l'un aide l'autre. »
« Choisissez un continent ! » demande-t-elle. Va pour l'Afrique, le Ghana. Là, stupéfaction : pour 5 euros seulement, une association peut financer un safe birth kit (kit de sécurité pour la naissance), dans un pays où de trop nombreuses femmes meurent lors de l'accouchement. Ce kit, c'est, concrètement, du matériel : des pinces, des gants stérilisés, du savon et un drap. Le tout présenté dans une pochette, au sigle de l'ONG. Pour le même prix, dans le même pays, une moustiquaire pour protéger les petites filles des piqûres, donc de la malaria, quand elles dorment. Ou bien encore, aux Philippines, un uniforme de collégienne, obligatoire. Et, au Cambodge, pour 20 euros de plus, une formation en informatique pour une adolescente... C'est donc ça, la philanthropie en ligne. Du bout du monde, en un clic, sur un ordi ou un simple portable, pouvoir faire un don...

 


La suite dans Causette#31...

 

Publié le 31 Janvier 2013
Auteur : Saouâd Belhaddad | Photo : William Beaucardet pour causette
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