PENDANT CE TEMPS-LA Publié le 08 Janvier 2013 par Causette

La branlette qui tue

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Raaaa ! ces pigeons, y en a partout ! Dépigeonner la capitale en branlant les œufs des piafs, c'est la solution adoptée par la Ville de Paris.
Fini, les graines empoisonnées, les captures au filet, les coups de bâton, le gazage ou les chambres de décompression explosive. Sous la pression des défenseurs de la cause animale, le pigeon parisien bénéficie désormais d'une politique de contrôle des naissances moins brutale. La méthode? «Douce et durable», affirme la mairie de Paris, qui vient d'inaugurer son douzième «pigeonnier contraceptif». Une jolie cabane en bois, montée sur pilotis, qui trône depuis le mois de septembre dans un square du 10e arrondissement. Le pigeon y trouve de quoi manger et, surtout, un petit coin pour pondre ses œufs en toute tranquillité. Qu'il croit, le pigeon! Mais son nid est régulièrement visité par un individu payé par la Ville pour... secouer énergiquement les œufs. Et une fois que le jaune est mélangé avec le blanc, autant vous dire que l'embryon a peu de chance de voler un jour. Maman Pigeon perd donc son temps à couver un œuf stérile.
La mairie estime à 500 le nombre de pigeons tués dans l'œuf par an et par pigeonnier. De quoi endiguer la prolifération des columbidés, qui seraient entre 50 000 et 100 000 dans la capitale ? Pas vraiment, reconnaît Fabienne Gibou- deaux, chargée des espaces verts à la mairie de Paris. Mais, selon elle, la technique a une vertu politique essentielle (quelle branlette!): elle réconcilie les Parisiens. Ceux qui ne supportent pas les pigeons ont l'impression que la Ville lutte contre leurs nuisances et ceux qui les aiment qu'on ne les fait plus souffrir. Pour réussir l'omelette sans casser d'œufs, comptez quand même 25 000 euros pour la cabane et 5 000 euros annuels pour la branlette hebdomadaire.

Publié le 08 Janvier 2013
Auteur : Causette | Photo : Illustration: Camille Besse
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