Publié le 26 Octobre 2012 par Bridget Kyoto

Faux débats pour vrais OGM

blog post image

Vous vous souvenez des images de ces rats rendus difformes par des tumeurs de la taille d'une balle de ping-pong ? À cette heure-ci, ils sont tous morts. Pour la science. Et à cause du professeur Gilles-Éric Séralini, dont le travail consiste à vérifier les effets des OGM et des pesticides sur la santé. Ce prof de biologie moléculaire, spécialisé dans les cellules et les systèmes endocriniens (en gros, nos hormones), a publié une étude en septembre avec moult images de rats malades, condamnés même, à force d'avoir bouffé des croquettes de maïs OGM durant deux ans. Depuis cette étude, Séralini se fait défoncer. D'abord, il est coupable d'avoir fait de la pub. En plus de l'étude, Le Nouvel Observateur a dégainé le premier - exclu oblige - avec un titre flippant du genre OGM = poisons! Brrrrr! Un film est sorti au cinéma, Tous cobayes?, puis un livre, Tous cobayes! (avec un point d'exclamation, cette fois), chez Flammarion, puis un doc sur France 5, OGM: vers une alerte mondiale?, puis tous les journaux ont enchaîné. Faire de la pub quand on vend des chaussettes ou du désherbant, c'est bien, mais quand on veut contribuer au débat scientifique, c'est vilain-vilain. Du coup: le message, c'est-à-dire les résultats de l'étude, passe au second plan et le messager se fait exécuter ! Depuis, les médias - qui n'ont aucune compétence pour juger ladite étude - tendent le micro soit aux ennemis jurés de Séralini, soit à ses soutiens fervents. Merci le journalisme de haut vol ! Ça permet aux journalistes de planquer leurs convictions derrière des citations; ainsi, les médias ne deviennent rien d'autre qu'une arène pro/anti-OGM. Sans nuances.
Le débat n'est pas de savoir si les OGM sont bons ou mau- vais pour la santé (enfin si, bien sûr, mais...), il est D'ABORD d'exiger des études indépendantes et à long terme, qui permettraient de conclure à l'innocuité ou à la nocivité des plantes transgéniques. Car, ce que montre l'étude de Séralini, c'est ça : les agences européennes qui autorisent la commercialisation de maïs ou de patates transgéniques, notamment pour nourrir les animaux d'élevage, se basent AUSSI sur des études insuffisantes, partisanes, grossières. On l'emmerde, lui, sur la souche1 des rats qu'il a nourris, alors que c'est la même que Monsanto a choisie pour tester ses produits. On l'emmerde, lui, sur le nombre de rats testés (dix par groupe, ce qui colle parfaitement avec les protocoles de l'OCDE, soit dit en passant...), alors que des maïs transgéniques ont été autorisés après des tests sur des groupes de cinq à six rats. Bref, les études montrent la lune et leurs détracteurs regardent le doigt.

 

... La suite dans Causette #29

Publié le 26 Octobre 2012
Auteur : Bridget Kyoto
2547 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette