Culture Publié le 26 Septembre 2012 par Bertrand Dicale

Mathieu Boogaerts, le doux et l'amer

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Orfèvre des mots et des rythmiques, cet artiste lunaire et malicieux signe son sixième album. Des chansons aussi désolées que radieuses qui explorent le deuil amoureux.

Egoïstes que nous sommes, nous aimons bien que les artistes morflent, ne serait-ce que pour nous donner de belles émotions. Mathieu Boogaerts y est allé franco. Son nouvel album - Mathieu Boogaerts, tout simplement - confirme que les grandes tristesses peuvent faire de joyeuses danses. La plupart de ses nouvelles chansons décrivent les étapes d'une séparation - les signes du désamour, les efforts pour relancer la romance, l'éloignement irréparable, la rupture, la solitude... Sombre ? Pire que sombre : c'est léger, c'est doux, c'est tendre, c'est soyeux. Au début, il y a une quinzaine d'années, on s'amusait parfois à résumer Mathieu Boogaerts à des calembours pour adultes posés sur du reggae paresseux. Puis on a saisi combien sa paresse assumée était utile pour voiler des fêlures et pour doser de subtiles émotions. Entre Georges Brassens et Kingston, entre soul et spleen, il pose son regard de Zébulon ravi sur les cafards, les désarrois, les vertiges, qu'il raconte comme on raconte une teuf, un week-end en amoureux, un pique-nique de potes... Et, peu à peu, on a appris à comprendre à demi-mot
ses chansons, à saisir ses tristesses sous ses haïkus farceurs.

 

... La siute dans Causette #28

Publié le 26 Septembre 2012
Auteur : Bertrand Dicale
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