Publié le 26 Septembre 2012 par Anne-Laure Pineau

Susan Atkins, le pantin maléfique de Charles Manson

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Juin 1970. Un an après Woodstock, l’Amérique assiste à un procès sordide. À la barre, Charles Manson et trois de ses « Manson Girls », accusés d’être les auteurs de deux virées sanglantes qui, en août 1969, ont coûté la vie à sept personnes. Parmi les prévenus, une jeune hippie de 21 ans à la moue boudeuse, Susan Atkins. Pendant le procès, elle baille, rit et assène sa vérité : elle a massacré Sharon Tate, enceinte de 8 mois, parce qu’elle ne ressentait absolument rien pour elle. Comment la jeune hippie est-elle devenue une tueuse de sang froid ? Plongée dans l’itinéraire d’une fille sous influence.

 

Son histoire commence par une solitude d’enfant. Susan Denise Atkins naît en 1948 de parents alcooliques et négligents. Comme elle le confesse dans son autobiographie (voir « Pour aller plus loin »), ses seuls « alliés » sont le chat... et Dieu. Mystique, elle voit des croix enflammées sur les collines. C’est une jeune fille tranquille, inscrite à la chorale de l’église. Quand sa mère contracte un cancer, Susan a 13 ans. Aussitôt, elle quitte l’école et l’assiste dans la maladie. Elle a 16 ans quand sa mère meurt. Et, brutalement, sa foi vacille.

 

Un « petit homme ordinaire » 

 

Bringuebalée dans toute la Californie par son veuf de père, elle devient adulte trop tôt. Pendant que Papa écume
les rades, elle s’occupe de la maison. Sa vie devient insupportable. « C’est injuste, pourquoi dois-je faire tout ça ? S’il peut boire toute la nuit, eh bien, moi aussi ! » Ainsi va-t-elle connaître ses premiers frissons de liberté : elle rencontre
des types, s’émèche, fugue, fait une tentative de suicide à
la codéine, s’embarque dans une voiture volée avec des voyous, s’émèche encore, goûte au LSD. On est en 1967, elle a 19 ans. La drogue lui fait apparaître Dieu. Puis, « parce que c’est mal », elle fait du topless dans un night-club de go-go dancing. On la paie en drogue. Elle prend goût au frisson du danger. Quand on lui propose des « shows spéciaux » dans un manoir, elle accepte. Sa culpabilité chrétienne s’efface avec la drogue : « Je suis déjà morte, c’est si agréable. Je sors de mon cadavre, je suis un esprit. Je ne suis plus là, je suis tellement vivante. » L’excès de LSD la mène à l’hôpital pendant quatre mois. Cet électrochoc lui donne envie de changer, de sortir du « monde plastique », de se trouver « une vie qu’elle pourrait mener ». Elle part alors pour San Francisco. Dans la rue, une baba cool lui chante Come on over to the Other Side (« Rejoins-nous de l’autre côté »).
La contre-culture l’appelle.

 

... La suite dans Causette #28

Publié le 26 Septembre 2012
Auteur : Anne-Laure Pineau | Photo : Ralph Crane / Time Life Picture / Getty
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