La cabine d'effeuillage Publié le 30 Août 2012 par Anne-Laure PINEAU

Wendell Pierce au chevet de New Orleans

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Il a La Nouvelle-Orléans dans le sang. Pour lui comme pour elle, tout a basculé en 2005. Depuis que Katrina a balayé sa ville natale, l'acteur Wendell Pierce fait tout pour la retrouver, quitte à bâtir des maisons, remplir les assiettes, chiffonner le monde. Dans la série télévisée "Treme", il joue un tromboniste qui tente de se refaire dans les ruines de la cité. Un rôle qui ressemble un peu à cet artiste fougueux et obstiné dont Causette a croisé le chemin en Louisiane.

C'est un jour d'orage exceptionnel à La Nouvelle-Orléans, le taxi nous dit ne pas avoir vu ça depuis l'ouragan Katrina. Ses roues fendent les flots. On retrouve Wendell Pierce sous les balcons fleuris du Muriel's, une bonne table du Quartier français où l'acteur a ses habitudes. Dans The Wire et Treme, deux séries américaines particulièrement appréciées de la critique, il incarne un détective et un tromboniste désargenté. Dans la vraie vie, son engagement pour la reconstruction de La Nouvelle-Orléans fait de lui un bienfaiteur.
Wendell Pierce nous claque la bise et nous raconte l'histoire d'Antoine, le fantôme du restaurant, à qui le patron sert chaque jour deux verres de vin rouge. À table, il ajoute du sherry dans sa soupe de tortue, et nous explique qu'« aujourd'hui est une journée un peu spéciale ». On doit porter en terre ­Lionel Batiste, 81 ans, musicien du Treme Brass Band, qu'on appelait affectueusement « Uncle Lionel ». On dit que ce sera la plus grande parade funéraire depuis des années. Car ici, pour accompagner un être aimé dans son dernier voyage, on marche jusqu'au cimetière, en suivant la fanfare.

 

« Une bouchée de rêve américain »
C'est dans cette ville singulière qu'est né Wendell Pierce, benjamin d'une fratrie de trois garçons, il y a cinquante ans. Sa mère, institutrice, et son père, combattant pendant la Seconde Guerre mondiale, ont fait construire leur maison dans le quartier du Pontchartrain Park. Les Pierce appartiennent à cette première classe moyenne de couleur qui éclot dans l'Amérique de John F. Kennedy, où la ségrégation raciale sévit encore. Pour les parents de Wendell, cette maison symbolise une nouvelle ère, une promesse, celle de « donner à leurs enfants une petite bouchée de rêve américain ». Le comédien se souvient d'une enfance privilégiée et festive, entre « Mardi gras, cuisine, Indiens à plumes, et musique dans la rue ».

 

... la suite dans Causette #27

 

Publié le 30 Août 2012
Auteur : Anne-Laure PINEAU | Photo : Daymond GARDNER pour Causette
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