Politique Publié le 30 Août 2012 par Marc Endeweld

Ministère des Droits des femmes : l’année zéro

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C'était l'une des promesses de françois Hollande: la mise en place d'un ministère des droits des femmes de plein exercice. Après vingt-six ans d'absence, tout reste à (re)construire. La ministre a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions ? Najat Vallaud-Belkacem a longuement reçu Causette pour répondre à ses questions.

À peine ministre, et déjà les pieds dans le plat. Lors du Conseil des ministres du 27 juin dernier, Najat Vallaud-Belkacem, la nouvelle ministre des Droits des femmes, par ailleurs porte-parole du gouvernement, a fait sensation en annonçant que « le ministère des Droits des femmes proposera à chaque membre du gouvernement, femme ou homme, des outils de formation, de sensibilisation pour rompre avec les habitudes passées». Sourires amusés et gênés autour de la table...
Ses collègues sont prévenus, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne adjointe au maire de Lyon, n'entend pas servir de caution féministe au nouveau pou- voir socialiste. «Certains pensaient que ce ministère serait un long fleuve tranquille. Mais ce n'est pas du tout un sujet pépère! s'exclame devant nous la ministre de 34 ans. C'est un ministère de mission qu'on considère trop souvent comme un ministère de la parole et de la communication. On doute de la nécessité de lui donner des moyens. Mais quand il s'agit d'ouvrir des places d'hébergement pour les femmes victimes de violences ou de mettre en place des expérimentations, il en faut des moyens!»
D'autant que les missions de son ministère sont nombreuses : lutte contre les violences faites aux femmes et pour le droit à disposer de son corps, défense de l'égalité professionnelle, mise en place d'un «État exemplaire» en matière de parité, lutte contre les stéréotypes... À peine nommée, Najat Vallaud-Belkacem s'est retrouvée dans le grand bain en faisant voter, avec la ministre de la Justice, Christiane Taubira, une loi sur le harcèlement sexuel (voir Causette #25) - alors même que le Conseil constitutionnel avait abrogé dix jours plus tôt l'article clé du Code pénal définissant ce délit. Depuis, la ministre s'installe peu à peu dans ses nouveaux locaux. Le site Internet vient d'être mis en place par des stagiaires du cabinet (ça commence bien...) et le ministère est pour l'instant joignable via le standard de... Matignon. Malgré cela, il tente de mobiliser ses collègues sur les droits des femmes : « Si on veut faire avancer ces sujets transversaux, il faut impliquer l'ensemble des ministères. » Une forme de lobbying ? « C'est un peu réducteur. Mais, en même temps, si le lobbying est entendu comme la capacité à revenir régulièrement à la charge et à servir d'alerte, de veille, alors, oui... »

 

... la suite dans Causette #27...

 

Publié le 30 Août 2012
Auteur : Marc Endeweld | Photo : BOB LANDRY/TiME LiFE PiCTURES/GETTY
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