Publié le 30 Août 2012 par Bridget Kyoto

Terrifiée

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Bridget est une écolo comme vous n'en avez jamais vu : drôle, punk, féminine... Désespérée par l'aveuglement de notre "civilisation" face à son naufrage, elle a décidé que, puisque personne n'est sérieux avec l'écologie, elle ne se gênerait pas. Bridget nous prodigue donc ses conseils "survivalistes" pour mieux "profiter" de la fin du monde.

Durant l'été, une petite nouvelle de rien du tout a échappé à tout le monde : selon une équipe internationale de chercheurs de première bourre, la date de notre « effondrement » serait prévue pour 2040 environ 1. Les conséquences seraient telles que nos augustes scientifiques s'avouent « terrifiés » par leurs propres résultats. Moi aussi.
Si vous pensiez que l'écologie Bisounours, enthousiasme et optimisme en bandoulière, allait nous sauver, vous vous êtes fourré le doigt dans ce que vous voulez. Vous triez vos déchets, mangez bio, roulez hybride ? Désolée, mais les efforts individuels ne suffiront pas. Ce qu'il faut, c'est une planification écologique mondiale et immédiate. Une dictature verte si vous préférez. Ou une mobilisation absolue. Sinon, autant entraîner vos gamins au tir à l'arc et au dépeçage d'animaux morts.
Regarder les choses en face fait rarement aussi mal. Oui, nous sommes entrés dans la sixième vague d'extinction des espèces de l'Histoire-et, cette fois, elle est due à l'homme : plus de sept milliards d'êtres humains exercent leur pression sur les écosystèmes terrestres, on a pêché tous les poissons, les pôles fondent et les Chinois veulent chacun ingurgiter 80 kg de steak par an (comme nous). En clair, plus de 43 % des terres émergées ont déjà vu leur état naturel modifié par l'homme pour sa bouffe, ses aéroports, ses maisons, ses routes. Les chercheurs considèrent qu'au-delà de 50 %, on est foutus.
Nous sommes au bord d'un gouffre, d'un basculement, d'un changement d'état brutal ET irréversible des conditions de vie sur Terre. Or, celles-ci sont stables depuis dix mille ans et c'est leur stabilité qui nous a permis de proliférer, de jouer au golf sur la Lune et d'inventer l'Epilady. Alors, fini de rire. Aujourd'hui, nous approchons l'effet de seuil. Pour mieux comprendre, prenez la tour Eiffel et enlevez-lui une poutrelle, au hasard (on en compte 18 000 au total) : il ne se passe rien. Enlevez-en une autre : toujours rien. Et ainsi de suite. Sauf qu'à un moment, vous enlèverez LA poutrelle de trop. Et là, d'un coup d'un seul, vlan ! la tour va s'écrouler. Avec l'environnement, c'est pareil : passé un certain seuil, les écosystèmes s'effondrent. Complètement. Et nous avec.
Pour échapper à notre funeste destin, nos chercheurs ont consenti à sortir de leur neutralité et à proposer des solutions (assez uniques) : réduction drastique de la pression démographique ; concentration des populations sur les terrains déjà construits pour sauvegarder les espaces vierges ; production de nourriture sans faire pression sur les espèces ou les sols... Autant de solutions inapplicables politiquement. Imagine-t-on Hollande préconiser la limitation des naissances ou interdire la sacro-sainte maison individuelle ?
Vous allez me dire : mais alors, pourquoi est-ce qu'on n'en parle jamais à la télé ! Ben oui, si nous étions vraiment à la veille d'un cataclysme et qu'une météorite allait nous tomber dessus en 2040, ça ferait l'ouverture des JT, non ? Donc, soit c'est du chiqué, un truc de savants catastrophistes, jaloux du bonheur des autres, soit il y a un (gros) problème de traitement de l'information.
L'environnement, ça n'intéresse pas les journalistes d'actualité, sauf ceux qui viennent de l'île de Pâques, et encore moins les hommes politiques. Ça passe après le foot, la pub, l'économie, les people, les séries télé, le mariage gay ou la religion... Normal : la crise écologique, ce n'est ni fun ni vendeur. C'est juste réel.
Au secours !

 

1. www.nature.com/nature/journal/v486/n7401/full/nature11018.html

Publié le 30 Août 2012
Auteur : Bridget Kyoto
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