Politique Publié le 28 Juin 2012 par Adélaïde ROBAULT

Radiographie d’une salle de classe

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Après cinq années marquées par la baisse de moyens et les suppressions de postes, comment va l’école primaire ? À l’aube d’un nouveau quinquennat, c’est le moment de tirer la photo de classe de l’école publique et d’évaluer l’ampleur du chantier en attente. Ainsi que de comprendre comment fonctionne l’école primaire : qui paye quoi ? qui fait quoi ? où sont les inégalités ? Et surtout, comment s’organise la débrouille ?

Des murs à géométrie variable
On l'oublie parfois, mais les murs des écoles ont un coût. C'est aux communes qu'il revient de construire et de rénover les bâtiments. Résultat : d'un endroit à l'autre, on passe du meilleur au pire selon leur bon vouloir.
À Toulon, dans le Var, Danièle, enseignante en moyenne section de maternelle, travaille dans une école de type « Pailleron » (hautement inflammable) des années 70. « Les murs sont tachés d'humidité, raconte-t-elle. La bibliothèque sert aussi aux réunions, aux visites médicales et à l'informatique, les volets sont fichus, les fenêtres bloquées. Et il y a de l'amiante dans les locaux ! » Pourtant, les gros travaux de rénovation peuvent, dans l'absolu, bénéficier d'aides ponctuelles de l'État et des conseils généraux, y compris pour construire des classes supplémentaires. Dans l'absolu...


Cahiers, gommes, crayons... pas pour tout le monde
L'école publique est gratuite pour tous ; son budget peut cependant varier d'un établissement à l'autre. En élémentaire, la somme moyenne allouée par les communes pour l'achat des fournitures est de 45,42 euros par élève et par an. Ce chiffre cache de fortes disparités : les mieux dotés bénéficient de 75 euros, et les moins bien lotis, de 15 euros 1. En maternelle, cet écart varie de 15 à 100 euros, avec une moyenne à 38 euros 2.
Avec l'enveloppe allouée par la municipalité - 20 euros par enfant et par an -, Céline commande uniquement les petites fournitures pour sa classe d'un quartier populaire de Toulon. Dans la banlieue parisienne, à Villejuif (Val-de-Marne), les manuels manquent. « Je n'ai qu'un livre de math pour deux élèves et aucun livre de français, alors que beaucoup de mes élèves d'origine étrangère ont des difficultés », déplore Julie, jeune professeure des écoles d'une classe de CM1-CM2. Pas de manuel de français, en CM2. Incroyable ! Avec des ouvrages dont le prix oscille entre 8 et 10 euros et une TVA sur le livre passée, en avril dernier, de 5,5 % à 7 %, les coûts ont augmenté. Autant dire que ça ne laisse pas grand-chose pour construire une bibliothèque jeunesse digne de ce nom...

 

... la suite dans Causette #26

Publié le 28 Juin 2012
Auteur : Adélaïde ROBAULT | Photo : Illustrations : Enora DENIS
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