Publié le 26 Juin 2012 par Bridget Kyoto

L’important, c’est de polluer

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J'en peux plus. Le sport va dégouliner tout l'été, et c'est pénible. Juin a tout donné aux petites balles jaunes de Roland Garros, suivies de celles de Wimbledon, puis au ballon rond : trois semaines d'Euro dans les dents. En juillet-août, voici venir le temps des jeux Olympiques et des mobylettes humaines du Tour de France. Pitié.
D'abord, je ne confonds pas le « sport » et le « spectacle du sport » : le sport, c'est le contraire de la télé. Je vous épargne donc la critique éculée (néanmoins juste) du sport business, du dopage, de la corruption ou de l'esprit ravageur de la compétition qui rabaisse chacun à l'âge de gagner aux petits chevaux... Panem et circenses, quoi ! (Du pain et des jeux, bande de latinophobes.)
Ne vous méprenez pas, je ne suis pas hostile à l'exercice, il faut bien en faire pour rester comestible. Je le pratique partout : dans la neige, sur l'eau. Et en chambre. Je fais même corps avec le sport : je glisse, je nage et je pédale, je marche, je cours et je grimpe. Avec lui, je me fais des gros fix de nature et pas un foutu gramme de CO2 ne sort pas ailleurs que de mes petits poumons.
Car mon problème, petites coccinelles, c'est que le sport pue. Allons-y pour la farandole de bilans carbone : Roland Crados, c'est 155 000 tonnes de CO2 émises en deux semaines ; la Coupe du monde de foot, en 2010, 2,8 millions de tonnes ; le Tour de France, motus et bouche cousue ; les JO de Vancouver, en 2010, 300 000 tonnes. Je vous épargne mon traumatisme intime lié à la Formule 1 (à quoi ça sert de tourner en rond ?), mais je peux vous parler de la flopée de rallyes débiles qui ont métastasé ces dernières années. Prenez le Rallye des Gazelles, le plus con qui soit : en effet, des équipages girly se jettent dans le désert marocain. Objectif affiché : arriver à la fin de la course en ayant fait... « le moins de kilomètres possible » ! Franchement, si c'est vraiment le but, j'ai la solution, les filles : ne roulez pas DU TOUT !
Puis je prends vraiment vapeur à lire leurs dossiers de presse, tous plus superfétatoires les uns que les autres et qui prennent l'écologie pour un gadget marketing. Par exemple, la Fédération française de tennis insiste : les petites balles jaunes de Roland Crados sont recyclées pour servir de revêtement aux gymnases handisport. C'est trop mignou... sauf que pour agrandir le site (et filer un restau panoramique aux joueurs), l'organisation est prête à raser les mythiques serres d'Auteuil, havre de paix et de biodiversité au cœur de Paris. Je t'en foutrais, moi, des petites balles jaunes !
Ne fuyez pas, j'en ai encore, car on ne peut circonscrire l'impact du sport sur l'environnement aux émissions de CO2 : en sus, les stades artificialisent les terres et engloutissent des millions. Les pelouses vert émeraude sont imbibées d'eau, d'engrais, de pesticides. Les golfs massacrent la biodiversité. Les pistes de ski aplanissent les montagnes et la neige artificielle vampirise les ressources en eau. En fait, le sport, c'est chouette, c'est quand le pognon s'en mêle que ça commence à craindre. Alors, faites comme moi et... partez en courant. Ça maintient en forme.

Publié le 26 Juin 2012
Auteur : Bridget Kyoto
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