Culture Publié le 31 Mai 2012 par Anne-Laure PINEAU

L'école où l'on manipule !

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« Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Trois p'tits tours et puis s'en vont ! » Ou pas. En effet, la marionnette sort petit à petit du castelet des jardins publics pour être enfin reconnue comme un véritable art de la scène ou de la rue. Les incroyables spectacles du Théâtre du Soleil ou les marionnettes géantes de la troupe Royal de Luxe en attestent. Au cœur de ce phénomène, l'École supérieure nationale des arts de la marionnette (Esnam) de Charleville-Mézières (Ardennes), qui, depuis 1987, attire des centaines d'étudiants venus du monde entier. "Causette" est allée rencontrer ces manipulateurs de première. Au sens littéral.

C'est dans la cour d'une église tout de pierre ocre que se situe l'Esnam. Dès le clic-clac de la porte d'entrée, on est frappé par l'odeur de la colle et du bois. Et pour cause, les marionnettes sont taillées dans le bois, moulées dans le plâtre ou cousues de tissus. On entre dans une salle de répétition où sont regroupés les étudiants de la neuvième promotion. Ils sont assis en rond, comme en colo. Tout en écoutant parler l'un des leurs, quelques filles s'exercent : mains en l'air, elles écartent leurs doigts, font tourner leurs poignets, plient leurs pouces.

 

Bouillon de cultures

 

Elles ont entre 21 et 29 ans, viennent du Brésil, d'Allemagne, de Russie ou du terroir français et se sont donné pour nom « la Neuvième » (promotion, ndlr). « Elles », parce qu'avec deux garçons pour quinze filles, on a voté : le féminin l'emporte. C'est une joyeuse meute qui se promène bras dessus, bras dessous.
Juraté, une grande nana de 25 ans, débarquée de Vilnius sans parler un mot de français, aime ce fourmillement : « J'apprécie le fait qu'on vienne de plein de cultures différentes. On se complète toutes : Véra était metteuse en scène à l'Académie de Saint-Pétersbourg, Iris écrit des romans en allemand... Moi, à l'avenir, je voudrais mélanger, créer, chercher... être une artiste complète. C'est un chemin que j'ai déjà commencé ici. »

 

... la suite dans Causette #25...

Publié le 31 Mai 2012
Auteur : Anne-Laure PINEAU | Photo : Aldo SPERBER pour Causette
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