Au lance-flammes Publié le 03 Mai 2012 par Causette

Guillaume Peltier : pour que la droite dure...

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Ça ne vous dit rien, Guillaume Peltier ? Profitez-en, ça va p'têt pas durer. À 35 ans, il a déjà été très actif dans pas moins de quatre partis et, aujourd'hui, il atterrit comme secrétaire national chargé des études d'opinion à l'UMP. Ce jeune loup illustre magnifiquement cette manie qu'ont les formations de droite de se poser sur des socles idéologiques tellement proches, que l'on peut passer de l'un à l'autre sans même avoir à renier ses idées. Guillaume Peltier, c'est le masque de Mickey qui fait croire que la droite dure, c'est de la générosité à partager. Normal. La manipulation, c'est son métier via sa boîte de communication tourangelle. Médiatraining, sondages, conseil en stratégie d'opinion, il a bien bossé son CV. Quatre enfants, une tronche de chef des louveteaux presque aussi rassurante que celle du loup déguisé en grand-mère. Ça l'a sans doute aidé à devenir porte-parole de Nicolas Sarkozy durant la dernière campagne présidentielle puis, aujourd'hui, Monsieur sondage de l'UMP. Adepte des formules chocs, il s'est illustré en prodiguant des shoots d'optimisme aux militants de droite désemparés par une flopée de sondages en berne. « Hollande est en haut du toboggan. Il vaut mieux être en bas de l'escalier » ou « Hollande, plus il est candidat, moins il est président », c'était lui. C'est son côté porte-flingue. Et surtout, malgré son jeune âge, il sait haranguer les foules et capter les basses émotions des téléspectateurs. Faut dire qu'il a été à bonne école... À 15 ans et bien que fils de babas cool mitterrandistes, il débarquait au Front national (une envie de faire bisquer ses parents peut-être ?), devenant un intime de Samuel Maréchal, le chef des jeunes frontistes et, accessoirement, ex-gendre de Jean-Marie Le Pen. Aujourd'hui, il le confesse aux journalistes trop curieux : « C'était une sorte de crise d'adolescence politique. » Crise poursuivie aux basques de l'ex-frontiste Bruno Mégret parti fonder le MNR, adepte, avant Marine, de la « dédiabolisation » de l'extrême droite. Guillaume Peltier adore pourtant les croisades d'un autre temps... En 1998, il fonde Jeunesse Action Chrétienté, un mouvement catholique qui se mobilise contre le pacs, l'IVG, la pilule du lendemain et la contraception à l'école. Tout logiquement, après avoir rencontré l'un des fils de Philippe de Villiers en 2001, il se donne corps et âme à monsieur le vicomte, et devient son directeur de campagne.
Comme son mentor d'aujourd'hui, l'ex-journaliste de Minute Patrick Buisson, conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy, Guillaume Peltier semble avoir un faible pour le réactionnaire Charles Maurras : « Nous préférons la France des bistros au Paris des bobos, la France des moissons à celle des donneurs de leçons », déclarait-il en 2006. Quelques mois plus tard, il faisait campagne contre l'islamisation et le mariage homo, pour les « charters républicains » et la suppression des allocations aux sans-papiers, pour un moratoire sur la construction de mosquées, pour l'interdiction du port du voile dans la rue... Depuis, Brice Hortefeux, en manque d'idées, l'a fait venir à l'UMP. Copé, Wauquiez, NKM et Bertrand écoutent ses conseils tels ceux d'une pythie.
À l'aise dans tous les partis, le petit creuse intelligemment son sillon pour les années à venir. Et vous n'avez pas fini d'en entendre parler... Car là où il y a de la haine, il prend plaisir !

Publié le 03 Mai 2012
Auteur : Causette | Photo : Illustration : Morpheen
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