Corps et Ame Publié le 03 Mai 2012 par Raphaël HITIER

ADN, la carrière d'une star

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A, D, N. Trois lettres qui font la loi dans les tribunaux, la pluie et le beau temps dans notre quotidien et s'invitent dans tous les débats. L'acide désoxyribonucléique est devenu incontournable. La double hélice est à deux doigts de détrôner la croix du Christ et de devenir une religion. Amusant pour un pur produit de laboratoire. Cette molécule composée de quatre lettres (A, G, T, C ; voir « L'ADN, quésaco ? ») porte notre information génétique. L'ADN et sa double hélice sont devenus le symbole de la vie et de l'identité. Ils recueillent tous les fantasmes, on les convoque à tort et à travers, souvent avec emphase : « Ce n'est pas dans l'ADN de l'entreprise », « c'est gravé dans mon ADN ». C'est dire si la petite molécule a fait du chemin depuis sa première apparition dans les journaux en 1953, après sa découverte dans un laboratoire britannique. À en croire les scientifiques de l'époque, la double hélice de l'ADN, c'est - ni plus ni moins - le mystère de la vie enfin résolu. Grosse émotion dans le monde de la recherche, mais, au final, près de soixante années plus tard, peu d'applications dans la vie quotidienne. Il faut attendre 1988 pour que l'ADN pointe son nez dans nos petites affaires d'ici-bas. Pour la première fois, encore en Grande-Bretagne, un meurtrier est confondu par son ADN et le principal suspect de l'affaire, disculpé. La technique se généralise dans le monde entier. En 2000, les experts scientifiques de Miami ou d'ailleurs déboulent sur les écrans de télé. Le héros récurrent de ces séries : le test ADN. 2000, année charnière : le séquençage du génome humain fait la Une des médias. Le livre de la vie est enfin décrypté, on va pouvoir tout comprendre et tout soigner. Las ! Comme prévient André Langaney, généticien au Muséum national d'histoire naturelle, « savoir reconnaître les lettres de l'alphabet ne suffit pas pour lire et comprendre un roman ». Et, effectivement, douze ans plus tard, la plupart des maladies génétiques sont encore incurables et on ne comprend toujours pas ce qui différencie génétiquement l'homme du chimpanzé. Une simple question de temps ? Pas seulement ! L'ADN ne peut pas tout. Il est temps de fissurer le vernis de cette icône. Car ce que nous sommes ne se résume pas à notre ADN ! Même si on parle du gène de la violence, d'hérédité et de profil génétique, ces trois lettres ne sont pas l'alpha et l'oméga de notre identité. Alors, profil bas pour l'ADN ou plutôt pour ses adeptes fous !


L'ADN, quèsaco ?


Le prix Nobel de la muflerie


L'ADN végétal, riche en boniments


Comment lire le passé dans un mollard


ADN clandestin à bord !


Vrais jumeaux & faux semblants


Faut-il cloner le mammouth ?


La fête de la Moule, l'ADN et le ferrailleur


Par le petit trou de l'ADN





... la suite dans Causette #25...

Publié le 03 Mai 2012
Auteur : Raphaël HITIER | Photo : Christophe MEIREIS
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