Publié le 29 Mars 2012 par Anne-Laure Pineau

Marie Laveau, la Voodoo Queen Lousiane, XIXe siècle

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"Ô Marie, combien de temps encore contrôleras-tu la pluie ?" Ce n'est pas à Marie de Nazareth que le musicien Chris Thomas King adressa sa prière au lendemain de l'ouragan Katrina, mais à Marie Laveau, une étrange divinité aux longs rastas et aux yeux de chat. Prêtresse vaudou et brillante femme d'affaires dans le commerce du gris-gris, ses pouvoirs ne connaissaient pas de frontières. Plus d'un siècle après sa mort, son esprit flotte encore sur cette contrée de mystères et de marécages qui la vit naître.

 

 

Dans la brume de Louisiane

À la fin du XVIIIe siècle, la Louisiane était une terre mouvante que s'arrachaient Français, Espagnols et Anglais, peuplée de colons, d'exilés, de riches propriétaires terriens et de pauvres hères, d'esclaves et d'affranchis. On y parlait français,  un peu anglais, un brin espagnol. On y mangeait de l'alligator, du ragoût, de l'andouille et du gumbo. Marie Laveau, née en 1794 dans le bayou créole, d'un planteur blanc influent et d'une noire affranchie à la beauté renommée,  grandit dans un pays à son image, mulâtre.

En 1819, elle épousa un charpentier, Jacques Paris. Comme beaucoup d'immigrés haïtiens, esclaves ou enfants d'esclaves, Jacques était un créole très attaché aux rites et traditions venus d'Afrique, que ses ancêtres s'étaient vu interdire une fois jetés sur leur terre de servitude et baptisés de force. Ils n'avaient alors pour seuls bagages que la musique et certaines coutumes transmises précieusement, comme le vaudou. Pas étonnant que Jacques ait enseigné à Marie ce culte, plein de mystères, de fétiches, de transes et d'incantations. Il ne savait pas encore qu'elle deviendrait la Voodoo Queen la plus fameuse de l'Histoire.

Six mois après les noces, Jacques disparut sans laisser de traces. Un tournant dans la vie de Marie. La « veuve Paris », comme on la surnommait, se fit alors coiffeuse à domicile dans les familles aisées, puis, comme les barbiers d'un autre temps, commença à prodiguer des soins. Rapidement, ses bienfaits furent reconnus : grâce aux enseignements de Jacques, elle savait utiliser la nature pour soigner les plaies du corps et panser celles de l'âme. Quand les épidémies de fièvre jaune et de typhus s'infiltrèrent dans le delta du Mississippi, Marie était partout, épongeant les fronts, brûlant les encens, préparant des potions. On l'appelait de toute la région pour chanter des incantations.

 

 

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Publié le 29 Mars 2012
Auteur : Anne-Laure Pineau | Photo : Charles Massicot Gondolfo / The New Orleans Historic Voodoo Museum
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