La copine de Causette Publié le 29 Mars 2012 par Adélaïde Robault

Le voyage d'Edith Pèlerinage aux origines d'une femme

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Parfois, la vie impose ses urgences. Édith Pedroni est une « enfant de la DDASS », comme on dit. À 53 ans passés, après une vie tumultueuse, elle a éprouvé le besoin pressant de mettre ses affaires en ordre, de savoir qui elle était, d'où elle venait. De retrouver ses disparus. Elle a alors quitté maison et enfants pour partir à la recherche d'une mère inconnue, la sienne, et tenter de retrouver sa première fille, abandonnée et jamais revue depuis l'âge de 3 ans. Un road movie de 600 kilomètres, entre Louise Wimmer et Mammuth. Un pèlerinage à vitesse lente, en voiturette sans permis. Retour jusqu'aux lieux de l'enfance. Pour y trouver, peut-être, la source d'elle-même.

 

Assise dans la caravane qui lui tient lieu, à présent, de maison, à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais), Édith nous prépare un café. Ça sent le poil de chien et la bougie à la citronnelle, l'air est froid, humide, et Papiz, un sympathique bâtard de terre-neuve, tourne en rond. Il voudrait sortir et pourtant il lui faudra attendre, car l'histoire qui va être racontée prendra du temps. C'est un récit plein de trous, fruit d'une mémoire parfois défaillante, qui parle de famille, de pertes et de retrouvailles. C'est aussi la quête d'une femme, Édith, née en 1959 à Paris et abandonnée par sa mère quand elle avait 3 ans. Placée en famille d'accueil dans un petit village du Pas-de-Calais, la petite grandit à Lespinoy, un bourg sans cachet traversé d'une unique route que surmonte une église. De sa mère, il ne lui reste aucun souvenir, seulement une identité, Ada Pedroni, inscrite sur un livret de famille défraîchi qu'elle conserve pieusement. Son père, lui, figure au registre des inconnus. Le temps a passé, mais n'a pas guéri la blessure secrète de l'abandon. « Il fallait que je sache d'où je venais pour trouver enfin un peu de stabilité », explique aujourd'hui Édith.

 

Renouer les liens brisés

 

C'est vrai que sa vie ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. Souvent vagabonde, Édith a navigué sans domicile fixe à plusieurs reprises, prenant la route et vivant au petit bonheur la chance au gré des rencontres. Ses relations avec les hommes ont toujours été « compliquées », parfois teintées de violence, souvent déçues, et quatre enfants lui sont nés de pères différents : Marjolaine, en 1977 ; Jonathan, en 1979 ; Anaïs, en 1989 ; et Mathieu en 1992. En 1985, Édith s'est finalement posée en Bretagne avec ses trois derniers enfants, mais sans jamais oublier Marjolaine.

 

Adélaïde Robault

 

... la suite dans Causette #23...

Publié le 29 Mars 2012
Auteur : Adélaïde Robault | Photo : Photos : Ludovic Leleu / light Motiv pour Causette - Illustration : Camille Besse
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