Grand Reportage Publié le 17 Décembre 2009 par Marianne Dautrey

le Planning familial Cinquante ans plus tard, reste une machine de guerre…

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Au mois de décembre 2008, le gouvernement a discrètement tenté de supprimer la ligne budgétaire allouée au Conseil conjugal et familial. Immédiatement, le Mouvement Français pour le Planning familial s'est mobilisé: trois mois plus tard, le gouvernement rétablissait cette ligne budgétaire. Pour «Causette», Simone Iff, ancienne présidente du MFPF, raconte les premières batailles qui ont abouti à l'accès à la contraception et à l'avortement pour tous. La liberté sexuelle est un apprentissage autant qu'un droit. C'est à ce titre que le MFPF s'est défini comme un mouvement d'éducation populaire luttant contre les inégalités sociales, en l'occurrence celles entre hommes et femmes, ainsi que le rappelle Françoise Laurant, actuelle présidente du MFPF. Elle nous explique que la société a changé mais que cette mission, inchangée, est plus actuelle que jamais.

Simone Iff fut dès 1961 une figure active au Planning familial. De 1973 à 1981, elle en fut la présidente. Elle revient sur les premières luttes du Planning...

 

«Tout a commencé en 1956, avec la création d'une association, la «Maternité heureuse».L'enjeu: modifier la loi de 1920, qui interdisait toute forme de contraception et même la parole et l'information. L'initiative en revient à des femmes qui s'étaient retrouvées autour de l'idée de la maîtrise de leur propre corps. Parmi elles, beaucoup de protestantes issues du Mouvement des jeunes femmes. Ni nécessairement de gauche, ni favorables à l'avortement, elles estimaient que la finalité de la sexualité était l'amour. Là, on trouvait aussi des gens divers tel que le docteur Jean Dalsace, qui était communiste. C'était un gynéco qui avait ouvert un dispensaire de contraception à Suresnes, se disant qu'il ne pouvait laisser les femmes avorter n'importe comment. Mais celles qui ont été à l'origine des premières consultations sont les médecins femmes de la MGEN (Mutuelle générale de l'Éducation nationale): elles passaient des informations par la revue de la MGEN et prescrivaient des contraceptifs au risque d'être rayées de l'ordre des médecins.»

 

...la suite dans Causette#2...

 

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Publié le 17 Décembre 2009
Auteur : Marianne Dautrey | Photo : Marc Attali
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