La cabine d'effeuillage Publié le 28 Février 2012 par Liliane ROUDIÈRE

François Morel L'élégance du sentiment

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Le célèbre fromager des "Deschiens" triomphe depuis le début de l'année au théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris, dans les habits de Monsieur Jourdain, truculent "Bourgeois gentilhomme" mis en scène par Catherine Hiegel. Peu disert sur lui-même, cet amoureux des mots et de la langue française a choisi la scène et les ondes de France Inter pour donner libre cours à son incroyable don d'observation des rapports humains. Portrait d'un incisif attendrissant.

Dans l'univers artistique de François Morel, on croise des personnages toujours un peu ­perdus, mélancoliques, qui frisent parfois le ridicule. Des enfants maladroits et fanfarons, des hommes en marcel qui sentent bon la sueur et adorent tremper leurs pieds dans une bassine ou, plus sérieusement, deviser dans un fumoir anglais. Papa boit trop de vin et le goût des filles est mystérieux. Une tendresse bourvilienne, des effluves de petits bals perdus. Univers soigneusement délimité par de lourdes tentures mauves. Rideau ! Derrière ces tentures, des secrets ; peut-être pas gros mais suffisants. Sans doute des chagrins enfouis, des regrets inavoués. Comme tout le monde, direz-vous. Oui, c'est exactement ça : comme tout le monde. Comme « nous autres ».
C'est probablement cette proximité avec son public qui rend cet artiste si populaire. Il est irrésistible : ses mots, sa gestuelle précieuse et lente, ce sourcil sans cesse aux aguets et qu'il frisotte quand il s'inquiète de votre confort ou de la clarté de ses propos. Ou qu'il s'ennuie. Va savoir. Bien trop poli pour laisser paraître. Ou encore terrassé par la timidité.

 

 

... la suite dans Causette #22...

Publié le 28 Février 2012
Auteur : Liliane ROUDIÈRE | Photo : Serge Picard/Agence Vu pour Causette
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