Politique Publié le 03 Janvier 2012 par Adélaïde ROBAULT

La préfecture tu l'aimes ou tu la quittes !

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Arrestations d’enfants à la sortie de leur école, expulsions de squats, démantèlements de camps roms… Les préfets sont-ils devenus des policiers zélés, ou appliquent-ils seulement la politique sécuritaire du gouvernement ?

 

 

Tapez préfecture sur le Net et vous saurez où bat le coeur de l’État en France. La pref’ concentre tous les mécontentements. On vient y déverser son lisier et ses quotas laitiers et, pour les étrangers, elle ne symbolise rien de moins qu’une forme d’enfer. Le service des étrangers, c’est un peu le point noir des préfectures, surtout dans les grandes villes où les associations dénombrent sans fin les atteintes aux droits et à la dignité des personnes 1. Quand on attend vingt heures pour accéder à un service public qui ne respecte pas les règles fixées par la loi 2, on est très loin de ce qu’on peut attendre de notre République. Il en va de même quand la préfecture de Haute-Vienne refuse à une étrangère le dépôt de sa demande d’asile, en toute illégalité bien sûr. Idem, quand celle du Calvados enjoint les centres d’hébergement d’urgence à refuser les étrangers qui n’ont pas obtenu le droit d’asile. Une sommation en contradiction totale avec le principe d’« accueil inconditionnel ».

À vouloir trop faire, trop vite, par mimétisme politique ou par peur du limogeage, les préfets, défenseurs du droit, finissent par le bafouer. Exemple en Gironde où officie Patrick Stefanini, un préfet qu’on dit aussi intelligent que proche du pouvoir et zélé en matière de lutte contre l’immigration irrégulière. En août dernier, la préfecture de Bordeaux a maintenu en rétention un ressortissant indien contre la décision du juge, qui venait de prononcer la remise en liberté. Ce touriste a été expulsé, lui qui s’apprêtait à quitter la France au moment de son interpellation, et le préfet a ajouté une croix à son quota annuel d’expulsions. Cette bévue, qualifiée de « dysfonctionnement » par la préfecture est plutôt nommée, en droit pénal, une détention arbitraire. La République n’était pas à Bordeaux, ce jour-là. Hors la loi également, les expulsions collectives de Roms perpétrées en 2010 par le préfet du Rhône, Jean-François Carenco. Selon la Cimade, sur soixantequatre dossiers d’expulsion de ressortissants roumains, quarante ont été annulés devant le tribunal administratif pour irrégularités. Irrégularités que conteste la préfecture.

 

 

... la suite dans Causette #20 ...

Publié le 03 Janvier 2012
Auteur : Adélaïde ROBAULT | Photo : Marc CHAUMEIL / Fedephoto
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