Culture Publié le 30 Novembre 2011 par Perrine Beaufils & Marie Gallic

Slow Joe Le crooner venu de Goa

blog post image

C’est l’histoire d’une rencontre providentielle. Celle de Slow Joe, crooner indien de 68 ans, doux dingue céleste, et de Cédric de la Chapelle, jeune guitariste lyonnais branché rock expérimental. Quatre ans après l’avoir repéré, le Français ramène Slow dans ses valises, et de leur relation atypique naît le projet Slow Joe & The Ginger Accident, ainsi qu’un superbe album blues rock mâtiné de R&B.

Un jour de 2007, Cédric entend la voix rocailleuse de Slow Joe au détour d’un rade de Goa, en Inde du Sud. Dès lors, les talents de bluesman du petit homme swinguant dans un costume trop ample hantent le jeune Lyonnais. Il enregistre quelques standards de jazz a capella avec l’intention d’offrir un écrin musical à cette voix brute. Quatre ans plus tard, Joe vit en France et enregistre son premier disque avec le Ginger Accident, quatuor créé pour lui de toutes pièces par Cédric. D’aussi loin qu’il se souvienne, Slow Joe a toujours chanté. À Bombay, le jeune bambin qui s’appelait encore Joseph Rocha écoutait la radio qui diffusait non pas de la musique indienne, mais des standards de jazz vocal. « Il me suffisait d’une ou deux écoutes pour connaître une chanson par coeur. Mon père a découvert ce talent quand j’avais 7 ans et il avait chargé mon frère de m’emmener chez un disquaire de Bombay pour acheter ce que je voudrais. Je suis reparti avec Perry Como et Dean Martin. » Les études ne l’intéressent pas, si bien qu’il se fait virer de toutes les écoles et que son fonctionnaire de père le place en désespoir de cause en internat à l’âge de 14 ans. C’est alors que Joe devient « Slow », « le lent ». Il fume son premier pétard et prend son ticket pour les paradis artificiels. Trente-cinq ans de défonce dans les rues de Bombay plus tard, il décroche et revient dans la maison familiale située sur une île au large de Goa. Désormais clean, il vit au rythme du soleil et chante des mélopées à qui veut les entendre. Son apparente décontraction confirme aujourd’hui encore son surnom de « Joe le Lent ».

 

 

... la suite dans Causette #19 ...

Publié le 30 Novembre 2011
Auteur : Perrine Beaufils & Marie Gallic | Photo : Aldo Sperber pour Causette
2991 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette