Neuf Mois Publié le 30 Novembre 2011 par Adélaïde Robault

Le Baby-blues des sages femmes Neuf mois - Episode 4/9

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Qu’elles exercent en libéral ou dans les maternités, les sages-femmes françaises sont en colère : elles dénoncent un manque de moyens et de reconnaissance. Pourtant, chaque année, elles accueillent la plupart des 800 000 nouveau-nés. Et au-delà de la naissance, elles sont susceptibles d’intervenir dans tous les domaines qui touchent de près ou de loin à la conception humaine hors pathologies. Plongée dans une profession en crise.

La première fois, Marie-Cécile Julien a pleuré. Sentir au bout de ses doigts la tête de ce bébé prêt à naître lui a mis les larmes aux yeux. Des années après cette première expérience de stagiaire, l’émotion est toujours là – « Je suis une sensible », avoue-t-elle –, mais elle a appris à la gérer. À 28 ans, diplôme en poche, la jeune Dijonnaise qui avait toujours voulu devenir sage-femme s’est posée à Annecy pour y ouvrir un cabinet. Rares sont les professionnelles qui s’installent en libéral en début de carrière, la plupart préférant acquérir de l’expérience en milieu hospitalier. Mais Marie-Cécile a des envies – « J’aurais voulu vivre il y a un siècle et être sage-femme au village » – et une philosophie – « L’accouchement n’est pas une maladie ! » Elle boude donc le milieu hospitalier, synonyme, selon elle, de stress et d’hypermédicalisation, pour se lancer dans l’accompagnement global, c’est-à-dire le suivi personnalisé des femmes depuis le début de la grossesse jusqu’après la naissance, accouchement compris. « Mon rôle est de donner des outils à mes patientes pour qu’elles aient confiance en elles », explique la jeune femme. Entre les rendez-vous à domicile et les séances de préparation à l’accouchement à son cabinet, Marie-Cécile cumule les kilomètres et s’est trouvé trois alliés indispensables : son agenda, un GPS et le téléphone portable. Sa manière de travailler est contraignante, elle l’admet, et implique d’être disponible 24 h/24 quand le terme approche, mais elle y trouve davantage de richesse humaine qu’en milieu hospitalier.

Le jour de notre rencontre, une visite de routine la mène chez Aline et Mathieu, à cinq minutes de voiture. Il s’agit aussi de découvrir les lieux. « Je viens prendre mes marques, car le jour J, Aline fera le travail à la maison avant que je l’accompagne à l’hôpital pour l’accouchement, explique Marie-Cécile. Nous reviendrons juste après, car il n’y a pas d’hospitalisation prévue dans ce cas-là. » L’entretien est chaleureux, tout le monde se tutoie et boit du thé en faisant le point sur les derniers examens.

 

 

 

... la suite dans Causette #19 ...

Publié le 30 Novembre 2011
Auteur : Adélaïde Robault | Photo : Bruno AMSELLEM/SIGNATU RES pour Causette
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