Les gens Publié le 30 Novembre 2011 par Sophie Tardy-Joubert

Karinna Moskalenko L’avocate qui dit « niet » au Kremlin

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Les procédés d’intimidation des Poutine et autres Medvedev n’y feront rien. Depuis quinze ans, Karinna Moskalenko, celle que l’on surnomme « l’avocate des causes perdues » défend sans relâche, depuis Strasbourg, les plus démunis comme les ennemis du régime. En dégainant son arme la plus redoutable : la Convention européenne des droits de l’homme… que la Russie a signée !

Surtout, ne pas se fier aux apparences. Karinna Moskalenko cache derrière des airs de poupée russe la poigne d’une dame de fer. Depuis quinze ans, elle se bat avec acharnement pour le respect des droits de l’homme au pays de Pouchkine et Dostoïevski. Un combat pour lequel elle a reçu le Prix international des droits de l’homme Ludovic-Trarieux 2010. Sa clientèle est un inventaire des ennemis de Vladimir Poutine : Garry Kasparov, l’ancien joueur d’échecs transformé en leader de l’opposition ; les enfants d’Anna Politkovskaïa, la journaliste assassinée il y a cinq ans en plein coeur de Moscou ; mais aussi Mikhaïl Khodorkovski 1, l’exmagnat du pétrole, qui croupit depuis huit ans dans une geôle aux confins de la Sibérie. Celui-là même qui finançait l’opposition et critiquait vertement Poutine et qui a été condamné à six ans de détention supplémentaires par le tribunal de Moscou, en décembre dernier, pour vol de pétrole et blanchiment d’argent. Au Kremlin, le combat de Karinna inquiète : le gouvernement cherche par tous les moyens à faire oublier cette pasionaria des cours de justice, qui vit… en Alsace. Karinna aime recevoir. De bon matin, elle vous sert du thé à la menthe et des crêpes fourrées à la viande et aux champignons, plat typique des pays de l’Est. Elle parle avec les mains, en oublie l’heure et ses trois cents dossiers en cours. L’avocate n’a pourtant pas une minute à perdre. La veille encore, elle s’est couchée à 4 heures du matin. Rien d’extraordinaire pour cette juriste noctambule, qui travaille une fois sa famille endormie. À 57 ans, elle est mère de quatre enfants âgés de 35 à 4 ans. Une famille recomposée à laquelle elle consacre une bonne partie de ses journées. « J’emmène mes deux derniers à l’école et je les retrouve le soir. Je veux profiter d’eux, alors je ne me remets au travail que quand ils dorment. Vers 21 heures, ma deuxième journée commence. »

 

 

 

... la suite dans Causette #19 ...

Publié le 30 Novembre 2011
Auteur : Sophie Tardy-Joubert | Photo : Pascal Bastien / Fedephoto pour Causette
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