Politique Publié le 20 Novembre 2011 par Etienne Cassagne

La Gauche et 2012 Splendeur et (cache) misère du « vote utile »

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À gauche, un concept fourre-tout s’apprête à polluer la campagne présidentielle à venir, celui du « vote utile ». La formule ne veut rien dire : d’ailleurs, aucun politologue ne l’a encore vraiment étudiée. Mais celle-ci s’avère bien pratique pour camoufler le vide d’un programme, fédérer les antisarkozystes, ou encore discréditer un adversaire, par définition « inutile ». À l’heure où la primaire socialiste vient de désigner son candidat pour 2012, attendez-vous à entendre parler tous les jours du « vote utile ». Pour dire quoi ? C’est bien là le problème !

 

 

 

Lionel Jospin n’avait rien voulu entendre. Quelques semaines avant le traumatisme du 21 avril 2002, son équipe de campagne s’interrogeait : fallait-il agiter le chiffon rouge du « vote utile » pour éviter l’éparpillement des voix et la possible éviction dès le premier tour du candidat de la gauche ? Bref, au lieu de vanter un programme que Jospin lui-même ne jugeait pas « socialiste », le Premier ministre devait-il supplier sa famille élargie d’oublier Arlette Laguiller (qui réunira 5,72 %), Jean-Pierre Chevènement (5,33 %), Noël Mamère (5,25 %), Olivier Besancenot (4,25 %), Robert Hue (3,37 %), Christiane Taubira (2,32 %), et jusqu’à Daniel Gluckstein (0,47 %) ? Cinq ans plus tard, l’injonction du vote utile mobilise la gauche autour de Ségolène Royal (25,87 %), avec le résultat que l’on sait : aucune réserve de voix pour le second tour, une drague un peu pathétique à l’attention du troisième homme, François Bayrou et, à l’arrivée, une écrasante victoire de Nicolas Sarkozy. En dépit de son ineptie et d’une « utilité » contestable, le concept va pourtant continuer à se décliner, quels que soient l’élection ou le contexte.

 

 

...la suite dans Causette #18...

Publié le 20 Novembre 2011
Auteur : Etienne Cassagne | Photo : Enora DENIS
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