Au lance-flammes Publié le 05 Octobre 2011 par Causette

Gilbert Collard A quoi reconnaît-on un Collard ?

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La maxime audiardesque prétend qu’on les reconnaît à leur capacité à tout oser. Pendant longtemps, Gilbert Collard s’est contenté d’être de ceux-là. Il exerçait alors la profession, partagée avec quelques-uns, mais dont il a incarné la vacuité comme personne, d’«avocat médiatique ». Il en a fait une spécialité à part entière. De la même manière que d’autres sont avocats pénalistes ou fiscalistes. Préférant les plaidoyers devant les caméras aux plaidoiries en prétoires. Et ne craignant aucun ridicule… La carrière de Gilbert Collard est, à cet égard, tout à fait exemplaire. Point d’acquittements spectaculaires ou de plaidoiries brillantes qui feront écho dans les couloirs des palais de justice. Mais une succession d’effets de manche immortalisés par la télé, savants mélanges de mise en scène burlesque et de culot grossier. Il y eut l’enveloppe censée contenir les noms des auteurs de la profanation du cimetière de Carpentras (raté). Il y eut la demande d’exhumation du corps d’Yves Montand pour prouver au monde entier qu’il était le père d’Aurore Drossart (encore raté). Il y eut l’audacieuse ligne de défense de Richard Virenque sur le dopage inconscient et non consenti (définitivement raté). Il y en eut d’autres. Gilbert Collard ose tout. C’est ainsi qu’on le reconnaît. C’est ainsi qu’il est devenu connu. Mais l’avocat cathodique, comme le surnomme Le Canard enchaîné, vient de franchir le pas de trop. Celui qui ne fait plus rire personne. Il a basculé en défendant un client particulier : lui-même. Certes, le dossier n’était pas aisé à plaider puisqu’il s’agissait de démontrer que sa récente conversion au Front national ne faisait pas de lui un homme raciste ou antisémite. Mais la difficulté n’excuse rien. C’était le 11 septembre dernier, lors d’un meeting du FN Nice. Maître Collard, sur sa tribune perchée, a expliqué qu’il avait été, au procès Barbie, l’avocat des enfants de la Maison d’Yzieu. Il a parlé, voix étranglée et oeil humide, du petit « André » qui chantait Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine dans le camion qui le menait en déportation. Gilbert Collard a eu du mal à finir son histoire. L’émotion. Depuis ce jour, a-t-il quand même eu le courage d’expliquer, il ne supporte plus que quiconque insulte le drapeau français ou siffle La Marseillaise. Re-applaudissements des frontistes. Sauf qu’il y a un problème dans cette vibrante plaidoirie à sa propre gloire. Gilbert Collard n’a jamais défendu André. Il n’y avait pas d’André parmi les 44 enfants raflés le 6 avril 1944. Du ridicule à l’odieux, Gilbert Collard a osé. Alors, on souhaite bonne chance au dictateur déchu Laurent Gbagbo. Collard assurant sa défense, ça nous laisse une chance de ne pas le revoir de si tôt.

Publié le 05 Octobre 2011
Auteur : Causette | Photo : Morpheen
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