Publié le 05 Octobre 2011 par Propos recueillis par Agnès GIARD

La jouissance doit couler de source Laurence

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La sexualité n’est ni une science infuse, ni une somme de bons conseils à appliquer. Elle a beau être comme ça, changeante, aléatoire, parfois silencieuse, souvent dérangeante, on entend un nombre incroyable de bêtises à son sujet ! On nous tartine d’injonctions et de conseils soi-disant avisés, au mépris de ce constat tout simple : il y a autant de sexualités que de personnes. Le mieux, pour s’en rendre compte, est de prendre connaissance de la VRAIE vie des femmes. L’inavouable et l’inavoué. Au final, on se sent moins seule, parce que « ça alors, moi aussi, ça me fait ça !

« J’ai 41 ans, je suis avocate, mariée à Julien, informaticien, et j’ai trois enfants de 12, 7 et 5 ans. Je viens d’une famille de la grande bourgeoisie provinciale, où l’on ne parle jamais de sexe, jamais. Quand mon père est tombé amoureux de ma mère – qui avait des origines plus modestes –, il y a eu… un accident. Ses parents lui avaient trouvé un parti très avantageux. Alors, comment dire, le hasard fait bien les choses. Ma mère s’est retrouvée enceinte et mon père l’a épousée, parce que cela se fait, voilà, quand on vient d’un milieu où l’on joue au bridge. Je suis donc née de cette façon, pas vraiment voulue, mais secrètement désirée. Ma mère s’est tout de suite installée dans son rôle d’épouse de notable en accouchant de mon frère, puis de ma soeur. J’ai grandi entre des oncles médecins et des tantes très investies dans le caritatif… Le sexe ayant toujours été exclu des sujets de conversation, il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre ce que cela voulait dire “faire l’amour”. Il était inenvisageable de poser la question à ma mère. Parmi les copines, aucune n’osait en parler, non plus. Dès 11 ans, j’ai eu mes règles. Mes seins ont gonflé, et les petits cons de ma classe n’ont guère contribué à me mettre plus à l’aise avec leurs moqueries. J’étais mal dans ma peau, je me suis mise à fuir les garçons. De loin, bien sûr, certains d’entre eux me faisaient rêver, mais en cachette… Il a fallu que je découvre un livre d’éducation sexuelle chez ma correspondante allemande pour comprendre le sens du mot “préservatif”.

 

 

... la suite dans Causette #17 ...

Publié le 05 Octobre 2011
Auteur : Propos recueillis par Agnès GIARD | Photo : Françoise HUGUIER / Agence Vu
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