Enquete Publié le 02 Septembre 2011 par Adélaïde ROBAULT

Footballeuses Vos papiers !

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En quête d’avenir, certaines joueuses africaines de haut niveau viennent en France au risque de s’y perdre, entre perspectives fantômes et dures réalités de terrain. Parfois exploitées pour leur talent, sans argent, ni visa, elles deviennent des sans-papiers.

Rigoberte M’Bah a l’espérance chevillée au corps. Une foi religieuse qui lui permet de tenir en attendant d’être fixée sur son sort. Le 27 septembre, le tribunal administratif de Lille décidera de sa régularisation ou de son expulsion immédiate. Elle qui croyait venir en France pour jouer et vivre du football n’a trouvé qu’une route pavée de vexations et de déconvenues. Il est vrai que le foot féminin est un sport amateur, ce qui exclut par définition d’être payée pour jouer. À peine une cinquantaine de licenciées peuvent se réjouir de vivre de leurs pieds en France, et la moitié d’entre elles ne touche qu’un mi-temps. Ignorant peut-être cette réalité, Rigo, comme on l’appelle, a voulu tenter sa chance. À 27 ans, elle possède un CV prestigieux : buteuse dans l’équipe nationale du Cameroun, les Lionnes indomptables, elle a aligné les championnats de 1999 à 2007 et a été sacrée vice-championne d’Afrique en 2004. De quoi séduire un club en mal de talents comme celui de Brive (Corrèze), par exemple. Un contact s’établit et Rigo fonce. « J’étais une très bonne joueuse, alors pourquoi ne pas aller en France pour continuer ma carrière ? », justifie-t-elle aujourd’hui. Arrivée par ses propres moyens en 2008, avec un visa de tourisme, elle s’attend à trouver une équipe de qualité avec salaire et logement à la clef, mais c’est une 4e division sans le sou qui l’accueille. Surprise et déçue, Rigoberte se lance dans la course aux papiers. La préfecture lui refuse une carte de séjour au motif qu’il faut évoluer en Ligues 1 ou 2, avec au moins un statut semi-professionnel, pour espérer être régularisable grâce au foot. Elle cherche donc une équipe plus cotée, ce sera Hénin-Beaumont (Nord). Les essais sont concluants, Rigoberte annonce la couleur : elle n’a pas de titre de séjour.

 

 

... la suite dans Causette #16 ...

Publié le 02 Septembre 2011
Auteur : Adélaïde ROBAULT | Photo : Eric Le Brun / lightmotiv pour Causette
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